Retrouvons nos amis Grecs ARISTOTE et THEOPHRASTE qui viendraient commenter des jardins de notre XXI° siècle…

Aristote :
Théophraste, toi, qui connais à présent les hommes du XXI° siècle, avec leurs étranges coutumes de Suburbains, qui tuent les herbes vives, paient pour planter un tapis vert nommé gazon, qu’ils nourrissent, tondent et paient pour évacuer …as-tu vu qu’il y avait un groupe de fidèles adeptes de la Biodynamie ?
Mais qu’est-ce donc à présent cette nouvelle adoration issue du XX ° siècle ? …

Théophraste :
Cette religion du sol est née en 1924, lorsque Rudolf STEINER, créateur du mouvement « anthroposophique », a organisé huit conférences pour ses amis agriculteurs, inquiets, déjà à cette époque, de la baisse de la qualité des aliments et des semences.
Il n’était pas encore question d’empoisonnements massifs des légumes et des populations par les insecticides et les pesticides.
Mais la terre se portait malgré tout de moins en moins bien, et les plantes s’affaiblissaient au point d’être de plus en plus fréquemment malades.
Le bétail souffrait couramment de la fièvre aphteuse.

Aristote :
Une religion de la Terre, du Ciel et de la Lune ?
Mon bon Théophraste, alors il n’y a pas à désespérer des Hommes ?
Ils croient aussi en quelque chose de noble ?
Dis-moi, dis-moi donc mon ami !

Théophraste :
En fait oui, cher Aristote. L’agriculture biodynamique est une agriculture assurant la santé du sol et des plantes pour procurer une alimentation saine aux animaux et aux hommes.
Elle se base sur une profonde compréhension des lois du vivant acquise par une vision qualitative et globale de la nature. Comme nous le faisions bien avant les Romains !
Elle considère que la nature est actuellement tellement dégradée qu’elle n’est plus capable de se guérir elle-même et qu’il est nécessaire de redonner au sol sa vitalité féconde indispensable à la santé des plantes, des animaux et des hommes grâce à des procédés thérapeutiques

Aristote :
Nous sommes philosophes et scientifiques, cher Théophraste.
En quoi une croyance peut-elle résoudre des questions de productivité agricole qui sont d’ordre technique ?
Alors là, cette nouvelle philosophie à contresens du « progrès » me surprend….

Théophraste :
Apparemment pas, cher Aristote. Car si la Biodynamie, comme n’importe quelle autre forme d’agriculture biologique, s’attache en priorité à optimiser le fonctionnement biologique des sols et des plantes, elle s’en distingue vraiment par l’application de principes ésotériques et astrologiques, tels que l’influence de la Lune et des Planètes sur les cultures, ou la capture des énergies cosmo-telluriques dans des cornes de bovins enterrées dans le sol.

C’est en fait au zodiaque astronomique – et non astrologique – que la méthode de STEINER fait référence, allant y puiser toutes les informations nécessaires pour décider des périodes favorables aux semis et autres activités de jardinage.

Aristote :
Ils croient en la Lune et en les Planètes sur les cultures alors ?
Vraiment ?
Les Hommes du XXI° siècle me surprendront jusqu’au bout !

Théophraste :
Alors je vais te dire, cher Aristote. Les bio dynamiciens se sont même aperçus que le fumier chargé d’antibiotiques et de pesticides faisait du mal à la terre et l’empoisonnait !
J’ai vu un fermier qui revenait de son tracteur vers des chevaux de labour, à la recherche d’un honnête fermier et d’un beau fumier…
La conversion par le fumier ! Il en est à expliquer les mystérieux « préparats » destinés à apporter à son fumier les énergies du Cosmos, à évoquer ses deux chevaux qui labourent huit des quarante hectares du domaine…

Aristote :
Ah bon ? Alors on ne peut plus leur vendre de produits chimiques ? Mais que vont devenir les usines chimiques ?

Théophraste :
Eh bien, cher Aristote, je ne sais pas mais j’ai vu également les « préparats », trois ou quatre formules à base d’éléments végétaux et animaux – bouse, basalte, coquille d’œuf, silice de corne…
Tous ces éléments sont dilués dans de l’eau brassée rythmiquement, « dynamisée », avant d’être pulvérisée sur les plantes.

Aristote :
Là, il faut que tu m’expliques : ils ne mettent plus de l’engrais pour faire pousser les plantes ?

Théophraste :
C’est exactement ça, Aristote. Adieu la quarantaine d’additifs chimiques qu’autorise l’agriculture conventionnelle !
L’un améliorera les courants de force terrestre, et donc l’enracinement de la plante ; l’autre renforcera sa sensibilité aux forces cosmiques, donc l’activité chlorophyllienne, la teneur en sucre, les arômes.
C’est un procédé analogue à l’homéopathie.

Aristote :
Alors, ces Hommes adorateurs des Planètes sont heureux ?
Ils doivent être contents de voir les plantes pousser ainsi …Mais cela donne pas mal de travail…N’est-ce pas ?

Théophraste :
Tu ne vas pas me croire, cher Aristote…Pour réduire ce travail de dynamisation ils ont des astuces : ils ajoutent quelques tisanes d’ortie, qui apportent de l’énergie à la vigne ; de la prêle, qui améliore ses défenses contre le mildiou et l’oïdium.

Les labours, ils les font en période de Lune descendante, parce qu’en se rapprochant de la Terre, la Lune exerce une pression qui augmente l’enracinement.

Ils donnent même une indication à la plante : « ma petite plante, il ne faut pas pousser vers le ciel, il faut que tes racines descendent ! »

Grâce à Potager en Ville nous proposons, dans le cadre de l’exploration de la biodiversité des écosystèmes, une des solutions pour y parvenir tout en respectant l’environnement : la Biodynamie.

Ce que disait Steiner lui-même de l’agriculture à laquelle il venait de donner naissance, résume la philosophie à la base de cette méthode et, par la même occasion, fait froid dans le dos quand on pense que ces paroles ont été prononcées il y a près de 90 ans :

Il va sans dire que cette « agriculture thérapeutique » se répandit avant tout en Allemagne, malgré l’obstruction des Nazis qui étaient les ennemis jurés des Anthroposophes, et secondairement en Suisse où le mouvement se réfugiera un peu plus tard, mais aussi en Hollande, en Pologne, en Amérique, en Finlande et même en Nouvelle Zélande.

L’agriculture biodynamique se base avant tout sur des pratiques agricoles durables, des pratiques semblables à celles qui ont permis à des générations de paysans de se succéder en léguant à leurs enfants une terre dans un aussi bon état que celle qu’ils avaient reçus de leurs parents.

Ces pratiques forment un tout indissociable, comme l’est une ferme, mais nous pouvons les décrire ici autour de quatre grands thèmes : le travail du sol, la fertilisation, les rotations, le respect des animaux.

Nous pouvons les décrire ici autour de quatre grands thèmes :

Le travail du sol

Le sol devrait être travaillé avec des outils légers et ne pénétrant pas trop profondément. La fréquence de travail doit se limiter au minimum et être toujours réalisée à des moments opportuns (sol ni trop humide, ni trop sec). Un travail du sol raisonné, évite le compactage, la détérioration de sa structure et respecte la vie du sol. Il faut également veiller à ne pas enfouir trop profondément les matières organiques.

La fertilisation

La fertilisation se base sur l’apport de matière organique (fumiers et lisiers, déchets des cultures, déchets domestiques, engrais verts…), compostée ou non. Ces apports d’éléments naturels sont à raisonner selon les objectifs recherchés : nourrir les êtres vivants du sol, maintenir la teneur en humus, entretenir la structure grumeleuse…

La rotation des cultures

La rotation des cultures, en évitant le retour de deux cultures identiques sur la même parcelle à des intervalles de temps trop rapprochés, empêche un trop fort développement des maladies ou des parasites. Cela permet également de cultiver successivement des plantes plus ou moins « gourmandes » et des légumineuses ou des prairies qui redonnent une bonne fertilité au sol. De plus, la rotation suppose une importante diversité de cultures sur une même ferme, l’assolement est diversifié.

Le respect des animaux de ferme

Les animaux sont considérés comme des partenaires que l’homme doit élever, et non comme des machines à produire du lait ou de la viande – avec des conditions d’élevage et une alimentation respectant la nature des animaux – toutes les mutilations courantes dans les élevages très productifs (écornage des bovins et caprins, équeutage des porcs et des moutons…) n’ont plus de raison d’être.

L’agriculture biodynamique, respectant ces bonnes pratiques, apporte la possibilité d’aller plus loin dans le soin porté à la terre par ses pratiques spécifiques : l’organisme agricole, l’utilisation des préparations biodynamiques et le travail avec les rythmes cosmiques.

Ces deux formes d’agricultures ont des points communs, du fait qu’elles n’utilisent aucune substance phytosanitaire pour lutter contre les insectes ravageurs et ainsi améliorer le rendement à moindre effort.

Cependant, les techniques alternatives varient d’une forme d’agriculture à l’autre.
Par exemple, le cuivre est utilisé dans les limites de 15 kilogrammes par hectares pour 5 ans dans l’agriculture biodynamique, soit moitié moins que dans l’agriculture biologique.
En effet, le cuivre détruit les populations de champignons du sol, ce qui entrave la qualité de la terre à long terme.
Même si les rythmes de la journée, de l’année et les cycles lunaires sont pris en compte dans l’agriculture biologique, ils n’occupent pas une place centrale comme c’est le cas dans l’agriculture biodynamique.

L’agriculture biodynamique s’adresse à ceux qui souhaitent participer à la sauvegarde des surfaces et des techniques agricoles traditionnelles pour les léguer aux générations futures, afin qu’elles aussi puissent bénéficier d’une nourriture saine.
Le label DEMETER garantit une nourriture biologique et issue de l’agriculture biodynamique.

Nous ne pouvons terminer cette présentation de l’agriculture BIODYNAMIQUE sans parler des préparations ou « préparats » :

  • Préparation 500 : La bouse de vache est enterrée dans des cornes de vache dans le sol pendant l’hiver. La corne est alors déterrée, son contenu (appelé « bouse de corne » ou « 500 ») est ensuite « dynamisé » dans l’eau pendant 1 heure et pulvérisé sur le sol en fin de journée
  • Préparation 501 : du quartz broyé est enterré dans des cornes de vache dans le sol pendant l’été. La corne est alors déterrée, son contenu (appelé « silice de corne » ou « 501 » est ensuite dynamisé dans l’eau et pulvérisé sur les plantes au lever du jour.
  • Préparation 502 d’achillée millefeuille : qui jouerait un rôle particulier dans la mobilité du soufre et de la potasse.
  • Préparation 503 de camomille sauvage : qui serait liée au métabolisme du calcium et régulariserait les processus de l’azote.
  • Préparation 504 de grande ortie : En rapport avec l’azote et le fer, elle renforcerait l’influence des deux premières préparations en donnant au compost et au sol une « sensibilité » et favoriserait une bonne humification.
  • Préparation 505 d’écorce de chêne pédonculé : Pour les biodynamistes cette préparation aurait un rapport avec le calcium et régulariserait les maladies des plantes dues à des phénomènes de prolifération, d’exubérance[25].
  • Préparation 506 de pissenlit : Jouerait notamment un rôle au niveau de l’acide silicique. Après avoir été exposée au soleil d’été, la préparation est enterrée pendant l’hiver, puis déterré le printemps suivant. Le contenu du mésentère est prélevé puis inséré dans le compost.
  • Préparation 507 de valériane officinale : Cette préparation aiderait à la mobilité du phosphore dans les sols.
  • Préparation 508 de prêle des champs : utilisé soit comme un thé frais ou comme engrais liquide fermenté, elle est appliquée à la vigne en général.

Laisser un commentaire