Souvenons-nous, lors de notre voyage commun au sein de la permaculture, nous avons découvert que les premiers textes traitant de l’Agriculture remontaient au VII° siècle avant JC et étaient attribués à HESIODE.

Restons ensemble dans ce siècle de l’émergence des jardins merveilleux des Villes antiques pour aborder l’emplacement de l’une des sept merveilles de l’Antiquité : LES JARDINS SUSPENDUS DE BABYLONE.

Nous possédons beaucoup de descriptions écrites des jardins.

La première description assez complète écrite sur ces jardins est probablement celle de CTESIAS de CNIDE, historien et médecin grec du Ve siècle avant JC.

Plus tard, d’autres auteurs gréco-romains s’intéressent à BABYLONE, ils écrivent d’autres descriptions aussi prolifiques que pleines de fantaisie…

Tous ces auteurs pensent que les jardins suspendus étaient à BABYLONE alors qu’ils étaient sans doute, selon nos investigations récentes à NINIVE.

Les auteurs antiques vivaient loin de la MESOPOTAMIE.
Ils ont donc confondu ces deux Cités États.

Selon la spécialiste Stéphanie DALLEY des langues anciennes du Moyen-Orient, cette erreur historique tiendrait à une mauvaise et absurde traduction d’écrits Babyloniens et Assyriens faite dans les années 1920.

Ces confusions dans des textes sont aggravés par les versions traduites en grec ancien et en romain antique.

Ainsi, notamment, Flavius JOSEPHE était un historiographe romain du Ier siècle, il fit dans un ouvrage une courte description des jardins de BABYLONE à partir d’un écrit de BEROSE, un prêtre Chaldéen Babylonien qui a vécu au IVe siècle avant JC et qui a écrit “BABYLONIACA”, un livre qui conte l’histoire de la ville jusqu’à NABUCHODONOSOR.
Ce livre antique est perdu, il ne nous est parvenu que par des citations d’auteurs plus récents.

Nous pouvons citer également Diodore de SICILE, un historien du Ier siècle avant JC qui reprit dans une biographie d’Alexandre le Grand la description des jardins de BABYLONE que CTESIAS de CNIDE avait décrit dans son livre “PERSICA”.

Toutes les études récentes montrent que cette description est un ajout apocryphe au texte de CTESIAS, et indiquent également que la source qui lui a permis de l’écrire était la même que celle de QUINTE CURC ; les deux descriptions sont très similaires.

Il existe quelques autres textes sur lesquels se baser comme celui du géographe STRABON, au Ier siècle avant JC, dans son ouvrage “GEOGRAPHIE” ou PHILON de BYSANCE, qui a réuni les 7 merveilles du Monde dans son ouvrage “De SEPTEM ORBIS SPECTACULIS”, au IIIe siècle avant JC.

L’Universitaire Britannique patiemment démontre que les mythiques jardins suspendus supposés dominer BABYLONE restaient en partie un mystère, puisque les archéologues n’avaient jamais réussi à en trouver la trace, conduisant certains à douter de leur existence même.

Il faut savoir que les recherches archéologiques ne sont pas terminées à BABYLONE. Si une grande partie du terrain a été identifiée il reste encore des zones dans lesquelles se cachent peut-être les vestiges des jardins suspendus.

Par ailleurs, la ville de BABYLONE n’était pas célèbre que pour ses jardins suspendus mais surtout pour ses remparts. Il est curieux que les jardins aient supplantés les remparts car visiblement ils étaient beaucoup plus impressionnants, toujours d’après les documents de l’époque.

C’est PHILON de BYSANCE a mis en avant les jardins dans sa liste, toutefois, à l’époque les visiteurs de BABYLONE étaient surtout surpris par les remparts.

Il n’est donc pas si étonnant que ça que les jardins ne soient pas mentionnés si souvent que ça dans les documents de l’époque.

Après dix-huit ans de recherches, Stéphanie DALLEY, de l’université d’OXFORD, pense avoir accumulé suffisamment de preuves pour conclure que ces jardins avaient en fait été construits à NINIVE, à 500 km au nord de BABYLONE, au début du VIIe siècle av JC.

Ainsi, NINIVE se situait du côté des Assyriens, dans le nord de la MESOPOTAMIE, et non chez les Babyloniens, plus au sud, et qui étaient à cette époque leurs ennemis jurés.

Sur l’aspect géographique, les deux territoires se trouvent dans l’actuel IRAK.

Stéphanie DALLEY a consacré une grande partie de sa carrière à étudier l’Antiquité assyrienne.

Sa nouvelle théorie est notamment basée sur un bas-relief associé un autre objet archéologique, un prisme, qu’elle a su déchiffrer.

NINIVE près de MOSSOUL est pour elle, à coup sûr, la position de ces jardins.

Toutes les réalisations, de véritables prouesses techniques et artistiques, qui composent ces jardins spectaculaires, sont basées sur des fontaines d’eau, alimentées par de lointaines sources de montagne à travers un système de canaux et de barrages que l’on pourrait qualifier aujourd’hui d’innovant.

L’initiative de reviendrait donc au roi Assyrien SENNACHERIB, plutôt qu’au roi de Babylone, NABUCHODONOSOR II.

De récentes excavations ont en tout cas mis au jour des traces d’aqueducs, dont un près de NINIVE qui s’avère être aussi large que le supposait l’Universitaire

Les Jardins de Ninive

Nous possédons beaucoup de descriptions écrites des jardins, même si comme nous l’avons vu la situation exacte de ces jardins est incertaine.
Ces jardins étaient disposés sur cinq terrasses reliées entre elles par d’immenses escaliers de marbre.
Ils avaient une forme de pyramide. Les murs étaient épais d’environ 7 mètres.

Des espèces de fleurs et de plantes luxuriantes et exotiques y étaient cultivées : cyprès, palmiers, arbres fruitiers…

Elles étaient irriguées par l’EUPHRATE grâce à un système de canalisations et d’aqueducs. Plusieurs machines permettaient de remonter de l’eau jusqu’aux cinq terrasses.

L ‘eau qui alimentait les jardins trouvait sa source dans les montagnes au nord de NINIVE.

Elle parcourait ensuite 90 km de canaux.

Un aqueduc monumental lui permettait de traverser une vallée.

Une fois arrivée dans les jardins du palais de SENNACHERIB, l’eau parvenait aux terrasses grâce à des systèmes à vis sans fin ou vis « d’ARCHIMEDE ».

Par jour 300 tonnes d’eau étaient utilisées pour alimenter les jardins.

Les auteurs grecs anciens ont ainsi beaucoup décrit ces jardins et c’est sur la base de leurs textes que QUINTE CURCE et STRABON ont écrit leurs descriptions.

Sur le dimensionnement des ouvrages, ces auteurs sont sujets à caution car ils vivaient dans des temps anciens où les rares écrits étaient faits sur la base de transcriptions de connaissances orales pouvant facilement être détournées.

Chaque civilisation, ensuite, désireuse de mettre en avant sa puissance, avait à cœur de modifier ces descriptions jusqu’à leur transmissions actuelles connues et, de fait, exagérées.
C’est le cas des remparts de BABYLONE par exemple, dont HERODOTE estime la hauteur à 100 m ce qui est, au plan architectural, impossible.

Les éléments tangibles que nous pouvons retenir sur ces jardins sont, entre autres, que les Assyriens connaissaient les techniques d’irrigation et avaient la capacité de faire des jardins en hauteur.
Ils en avaient déjà réalisé, et utilisaient fréquemment les vis sans fin.

Il existe une gravure d’un jardin en hauteur à NINIVE, conservée au BRITISH MUSEUM, qui montrerait finalement les vrais jardins.

Si nous nous tenons aux faits qui font l’unanimité :

  • Tous parlent d’un jardin en hauteur basé sur un plan carré d’à peu près 120 m de côté.
  • DIODORE parle de plates-formes étagées.
  • Toutes les descriptions parlent de colonnes en pierre qui soutiennent un plafond végétal sur lequel est étalée de la terre.
  • QUINTE-CURCE, lui, décrit un plafond en pierre au-dessus duquel la terre a été étalée. Le matériau utilisé est de la brique pour STRABON, ce qui est conforme aux habitudes de construction de l’époque dans cette région.
  • Les autres auteurs indiquent que les piliers formaient une voûte à leurs points de jonction. La présence d’une voûte semble être une évidence technique eu égard au poids de la terre des terrasses
  • La partie supérieure est constituée de plusieurs étages, comme des terrasses superposées. En grec ancien on distingue par la grammaire l’unicité, la dualité de la multiplicité. Les textes utilisent la multiplicité pour donner le nombre de terrasses, cela signifie qu’il y en avait au minimum trois.
  • Quant à la hauteur des jardins, elle n’est pas connue avec certitude, tout simplement parce que la notion de taille est difficile à appréhender ; il y a évidemment des différences entre nos unités de mesures actuelles et celles de l’époque.
    QUINTE CURCE compare la hauteur des jardins avec celle des remparts, mais les estimations de hauteurs des remparts de l’époque oscillent entre 22 m, selon STRABON ET DIODORE, et 100 m selon HERODOTE !
    Nous retiendrons comme réaliste l’hypothèse de 22 m.

Les descendants des Jardins de Ninive

Fort heureusement cette magnifique création humaine a engendré des initiatives remarquables par la suite, depuis les époques médiévales jusqu’à nos jours.

Nous avons retenu pour les Graineurs de POTAGER EN VILLE quelques illustrations que nous aimons particulièrement :

Les jardins suspendus en pleine nature de LABEAUME en ARDECHE :

Les jardins d’OSAKA au JAPON :

L’Immeuble vert le plus haut du Monde à BOGOTA en COLOMBIE :

Les Jardins de l’Espace KENNEDY à NICE :

Nous avons une pensée particulière pour l’esprit Ninivite des jardins de la WALDSPIRALE à DARMSTATD en ALLEMAGNE :

Nous réservons notre admiration pleine d’émotions pour les Sites remarquables des Pays Méditerranéens.
Nous vous suggérons de visiter le magnifique Palais de l’ALHAMBRA de GRANADA en ESPAGNE et ses jardins multiformes :

Et nous vous recommandons également le splendide Site de HAIFA en ISRAEL :

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