Il y a quelques mois, le 27 septembre 2017, le passionnant documentaire L’INTELLIGENCE DES ARBRES sortait sur les écrans.

Ce merveilleux film de Julia DORDEL et Guido TÖLKE présente une série de découvertes sur les systèmes de communication entre les arbres d’une forêt.
Malgré sa diffusé hors des grands circuits, le film a dépassé le nombre extraordinaire de 100.000 spectateurs ; il est à présent disponible en DVD.

Dans les premiers décimètres du sol d’une forêt de nos régions tempérées, un réseau de champignons s’entremêle avec les racines des arbres.

Comme nous l’expliquent l’Ecologue canadienne Suzanne SIMARD et le Forestier allemand Peter WOHLLEBEN, les biologistes essaient de montrer que ces filaments fongiques transportent des molécules d’un arbre à l’autre, en particulier des sucres.

Ce réseau, extrêmement lié, assure un échange de nourriture et d’information, par exemple, lorsqu’apparaissent des agressions.

Les deux Auteurs du documentaire s’expriment de manière simple et nous font visiter les Laboratoires où sont menées des recherches dans ce domaine, en particulier grâce aux isotopes du Carbone pour pister les molécules ainsi véhiculées.

Pour illustrer cela, sous le sol de la forêt, le réseau fongique établit une communication entre les racines des arbres environnants.

Ce film que nous avons beaucoup aimé, a reçu un chaleureux accueil dans les salles où il a été diffusé ; la projection était suivie d’un débat pour que le Public puisse poser des questions.

Le film sort désormais en DVD, disponible sur jupiter-films.com .

Un partenariat a été établi avec REFOREST’ACTION suivant lequel, pour les 5.000 premiers DVD vendus, 5.000 arbres seront plantés.
Le coffret contient deux disques avec des interviews et des conférences, ainsi qu’en bonus le film « Les Trésors cachés des plantes ».

POTAGER EN VILLE retient dans ce film :
Les arbres des Forêts échangent des molécules par le réseau fongique qui est associé à leurs racines. Cela leur permet de se transmettre de la nourriture et de l’information. Les observations ainsi que les expériences ont montré que ces échanges sont majoritairement dirigés vers les individus les plus jeunes.

L’information transmise est liée à une agression et au déclenchement d’une réaction chez un des individus. Les souches d’arbres, nourries par leurs voisins vivants, participent à la mémoire collective et aident à donner une réponse collective plus rapide.

Nous avons ainsi le message selon lequel une forêt est une Entité vivante en soi.
us essayons ici de comprendre les phénomènes exprimés.

En fait, si le bois des souches d’arbres est vivant, c’est parce qu’il est alimenté par les racines, nous explique L’INTELLIGENCE DES ARBRES.

Mais pourquoi les arbres se nourrissent-ils des souches
L’hypothèse des Scientifiques est à ce propos surprenante…

Les arbres d’une forêt échangent des molécules par l’intermédiaire du mycorhize, cette association intime entre racines et champignons, dont les filaments, souterrains, forment un réseau.

Les Etudes de ces deux ou trois dernières décennies ont montré qu’il y a là un moyen de nourrir les plus jeunes plants ; les plus forts transmettant aux « nouveaux nés » leurs excès de sucre.

Ces échanges sont aussi un moyen de communication. Que ce soit un état de stress, lié par exemple à une attaque de parasites ou dû à un manque d’eau, cela entraine la réaction d’un individu.

Cette réaction déclenche la même réponse de proche en proche chez les voisins.
Ainsi, un signal émis par un individu provoque chez ses voisins l’activation de gènes particuliers qui synthétisent les bonnes protéines, par exemple celles qui peuvent produire une substance insecticide.

Ces découvertes nous dressent un équilibre de la forêt très différent de ceux que nous connaissons.
Les arbres qui vivent dans ces forêts sont des organismes sociaux, à la différence d’arbres vivant seuls, comme le Saule par exemple. En organisant une entraide, ils favorisent la constitution d’une forêt, un Ecosystème qui leur est favorable.

Les arbres nourrissent les souches qui se trouvent à proximité. Les scientifiques émettent l’hypothèse d’une organisation qui assure la conservation d’une mémoire.

Les vieilles souches garderaient la mémoire d’évènements anciens

Ainsi Suzanne SIMARD et Peter WOHLLEBEN abordent une observation difficile à expliquer ; celle de la survie des souches. Si leur bois n’est pas mort, alors qu’aucune feuille ne fabrique de molécules organiques, c’est que les cellules sont alimentées en sucres.

Ce fait démontrerait l’importance du réseau fongique. Une souche est ainsi nourrie par les arbres autour d’elle.

Les observations des communications entre arbres et celles de la réponse collective à une attaque nous suggèrent l’existence d’une sorte de mémoire qui fonctionnerait à l’instar du système immunitaire des animaux.

Les biologistes en déduisent l’hypothèse qu’une souche pourrait contenir une partie de cette mémoire. Celle-ci conserverait des informations sur des évènements anciens pouvant être utiles quand une situation semblable se présentera…

Ce magnifique documentaire, bien réalisé et richement documenté, nous montre la complexité du monde végétal, et laisse entrevoir ce que la recherche a, dans ce domaine, encore de magnifiques découvertes à mettre en évidence !…

Les arbres transmettraient leurs peurs

« Les arbres ressentent des émotions », explique Peter WOHLLEBEN …
Nous sommes ici chez des scientifiques qui, prennent plaisir à nous expliquer leurs découvertes collectées sur des décennies. Les études montrent comment des arbres peuvent diffuser leurs peurs : quand un individu est agressé, il produit des signaux chimiques transmis à ses voisins à travers le réseau de champignons qui relie leurs racines.

Cet échange de signaux chimiques est ainsi mis en évidence, mais il y a également la production de substances toxiques pour les parasites (insectes, champignons…) qui est modifiée après des échanges avec des arbres voisins qui ont subi une précédente attaque.

Il y a donc bien une forme de communication entre végétaux reliés par leurs racines connectées au réseau du mycélium. Les informations transmises concernent donc l’état d’un végétal qui réagit à un stress. Alors pourquoi ne pas parler de peur ?

Les mots ont assez peu d’importance, si ce n’est pour faire comprendre la complexité des phénomènes physiologiques chez les arbres. Ce documentaire nous offre l’approche de ces biologistes et écologues, en une belle balade dans le monde végétal, où tant reste encore à découvrir.

L’ARBRE MERE : les arbres les plus jeunes reçoivent davantage de glucides qu’ils n’en donnent.

Les études ont aussi montré qu’à l’échelle d’un groupe d’arbres réunis, les échanges sont majoritairement dirigés des plus vieux vers les plus jeunes.
Ce « WOOD WIDE WEB » sert de passage de nourriture ; il introduit la notion « d’ARBRE-MERE ».

Au laboratoire, ces échanges via le réseau fongique ont été démontrés sur des sapins DOUGLAS. Placés dans le même pot mais isolés dans des filtres, des arbres se transmettent des substances, même si leurs racines ne se touchent pas, à condition que les filaments de champignons puissent traverser le tissu.

Ces échanges sont effectivement directifs : un petit arbre déjà bien installé absorbe davantage de sucres qu’il n’en a besoin. Il transmet le surplus à celui qui est arrivé plus tard et qui dispose de moins de ressources.

Les arbres d’une forêt s’aident littéralement entre eux.

Les Bouleaux expédient des sucres aux jeunes Sapins qui manquent de lumière et, à la mauvaise saison, les Sapins envoient à leur tour des sucres vers les Bouleaux qui ont perdu leurs feuilles.

L’idée qui était communément admise est celle de la compétition, pas de la coopération.

Les arbres peuvent se livrer à une compétition entre eux. Mais ils sont aussi partageurs !
Des botanistes de l’université de BALE ont découvert que les arbres s’échangent du Carbone, également entre différentes espèces.

Ils utilisent pour cela le dioxyde de carbone, CO2, dont la composition est légèrement différente de celle de l’air. Ils utilisent des « grues », soit systèmes de tuyaux pour acheminer ce CO2 jusqu’à la cime des arbres.

Du CO2 à la place de l’air, « cela ne fait aucune différence pour les arbres », précise l’université de BALE. Mais cela nous permet d’utiliser le CO2 comme un marqueur, et de suivre le cheminement du carbone, grâce à un spectromètre de masse atomique.

« La forêt est plus que la somme de ses arbres »

C’est ce qu’a commenté l’un des chercheurs de BALE, le botaniste Christian KÖRNER.

Ainsi, détail extrêmement saisissant, jusqu’à 40 % du Carbone qui se trouve dans les racines fines d’un arbre peut provenir de la photosynthèse d’un voisin.

Une Etude parue dans la revue SCIENCE, confirme que les champignons mycorhiziens jouent les médiateurs et permettent les échanges de Carbone entre des arbres tels que l’Epicéa, le Hêtre, le Pin, le Mélèze.

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