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« LA BIODIVERSITE DE NOTRE PLANETE EST EN DANGER »

Ce premier thème BIODIVERSITE I traitera :

I – 1     INTRODUCTION A LA BIODIVERSITE

I – 2     AGIR POUR LA PROTECTION DU MONDE TERRESTRE : DIFFICULTES ET     ESPOIRS


I -1 INTRODUCTION A LA BIODIVERSITE

En préambule, il est important de définir la Biodiversité et ses limites.

Le mot biodiversité est la contraction de biologique et diversité.

Il s’agit d’une notion qui est apparue dans les années 80 du siècle dernier.

1- La Biodiversité : qu’est-ce que c’est ?

L’usage du mot Biodiversité est récent mais la biodiversité est un concept très ancien.

La diversité biologique actuelle est le produit de la longue et lente évolution du Monde vivant sur notre Terre ; ainsi, les premiers organismes vivants connus datent de près de 3,5 milliards d’années.

La Biodiversité est l’ensemble des espèces végétales et animales ; elle définit également à une plus grande échelle la diversité du vivant.

C’est en fait le tissu vivant de notre Planète. Ce terme de Biodiversité englobe l’ensemble des milieux naturels et des formes de vie : les plantes, le animaux, les bactéries, champignons, etc., ainsi que toutes les relations et interactions qui existent, entre les organismes vivants eux-mêmes, d’une part, et d’autre part, entre ces organismes et leurs milieux de vie.

Pour ce qui nous concerne, les humains, nous appartenons à une espèce – Homo Sapiens qui constitue un des fils de ce tissu…

La Diversité c’est 1,8 millions d’espèces connues mais jusqu’à 100 millions d’espèces vivantes estimées par les scientifiques (origine : Ministère de l’Ecologie solidaire et de la transition énergétique)

  • Groupe des coléoptères : plus grand nombre d’espèces connues : > 300 000 espèces
  • Vers de terre : cette population est si importante qu’elle représente la première biomasse animale terrestre : 1000 kg par hectare (10 000 m²) en moyenne
  • Eco systèmes coraliens : Avec moins d’1 % des fonds sous-marins ils abritent 93 000 espèces soit 1/3 des espèces marines connues (280 000)

La biodiversité est souvent considérée à trois niveaux :

  • La diversité des gènes : celle qui se retrouve dans les plantes, les animaux, les champignons et les micro-organismes. La diversité génétique est le moteur de l’évolution et se trouve donc à la base de la biodiversité. Étudier la biodiversité, c’est chercher à mieux comprendre les liens et les interactions qui existent dans le monde vivant.
  • La diversité des espèces : c’est la diversité de toutes les différentes espèces de plantes, d’animaux, de champignons, d’algues, de bactéries… L’homme en fait également partie !  Il s’agit ici également d’étudier leurs relations les unes avec les autres (prédation, coopération…) et avec leurs milieux de vie.
  • La diversité des écosystèmes : elle comprend toutes les différentes communautés avec leurs biotopes existant sur Terre, comme les forêts tropicales et tempérées, les déserts, les marais, les rivières, les montagnes, les récifs coralliens, etc., mais également l’environnement rural et urbain. Un écosystème est l’ensemble des espèces (et de leurs relations réciproques) et de l’habitat où elles sont présentes. C’est aussi le cas de la mare ou du canal au fond de son jardin ou des espaces végétalisés en Ville….

Nous aborderons à travers ce TPE les différentes thématiques qui nous apparaissent importantes.

En premier lieu, nous nous intéresserons à l’état alarmant de la biodiversité à l’heure actuelle avant d’aborder la question de la préservation des animaux terrestres à travers des problématiques telles que le braconnage ou le réchauffement climatique ; et nous tenterons de proposer d’éventuelles solutions.

Nous étudierons ensuite la préservation du monde marin au travers de la question de la surpêche et des différentes techniques de pêches, parfois discutables.

Nous nous pencherons, par la suite encore, sur la question de la disparition des insectes et végétaux, tous deux nécessaires au bon fonctionnement de nos écosystèmes en étudiant les problématiques de l’agriculture intensive et dite productiviste ainsi que la déforestation.

En conclusion, nous tenterons de répondre à la problématique suivante :

Lutte contre la perte de biodiversité, un défi possible ou impossible à relever ?

2- Les crises biologiques

Depuis l’apparition de la diversité de la vie sur Terre, le monde vivant a connu cinq crises d’extinctions massives au cours des temps géologiques.

La plus connue est celle de la disparition des dinosaures, il y a 65 millions d’années à la fin du Crétacé (ce fut la cinquième).

Les causes en sont diverses ; le plus souvent les hypothèses penchent sur des météorites d’une taille importante, environ 10 kilomètres de diamètre, ou une éruption volcanique forte.

Ces facteurs auraient conduit à des émanations de gaz toxique comme le méthane, à des coulées de basaltes et par conséquent à un manque d’oxygène.

Mais, aujourd’hui, les causes d’une sixième extinction de masse ne sont ni géologiques ou volcaniques, ni dues à une météorite ; elles sont désormais entropiques, c’est à dire que les causes ont pour origine l’activité humaine.


Exemple de l’évolution et de l’extinction des ammonites (elles ont disparu en même temps que les dinosaures).
On peut constater grâce ce schéma que les ammonites, pendant leur évolution, ont subi une succession de crises et de diversification.

3 – Les scientifiques alertent sur la perte considérable de biodiversité sur la Planète et des conséquences dramatiques pour les humains et l’écosystème

a) Un appel historique

15000 scientifiques de 184 pays ont signé dans la revue BIOSCIENCE le 13 Novembre 2017 un appel contre la dégradation catastrophique de l’environnement. Biologistes, physiciens, astronomes, chimistes, agronomes, …, les auteurs mettent en garde contre la destruction massive du monde naturel et le danger de voir l’humanité « pousser les écosystèmes au-delà de leurs capacités à entretenir le tissu de la vie. » 

C’est la deuxième fois que les scientifiques du Monde adressent une telle mise en garde. Le premier appel publié en 1992 à l’issue du Sommet de la Terre à RIO (BRESIL) avait réuni 1700 chercheurs, dont la moitié de prix NOBEL.

Cet appel dressait déjà un état des lieux inquiétant de la situation et s’ouvrait sur cette alerte. « Les êtres humains et le Monde naturel sont sur une trajectoire de collision. »

Ce premier appel n’a pas été suivi d’effets.

b) un état actuel de la diversité catastrophique

Toutes les tendances inquiétantes discernables en 1992 se sont aggravées à l’exception de la couche d’ozone en voie de guérison.

En un quart de siècle, les forêts ont perdu 12 millions de kilomètres carrés au profit de l’agriculture.

L’abondance des mammifères, reptiles, amphibiens, oiseaux, et poissons a chuté de près d’un tiers.

En même temps, les courbes des émissions de gaz à effets de serre et des températures s’envolent.

Dans l’océan, la superficie des zones mortes, c’est-à-dire les espaces marins étouffés par les affluents agricoles charriés par les fleuves, et où l’oxygène a presque totalement disparu, a cru de 75 %.

Les ressources hydriques, par conséquent, se raréfient. Depuis le début des années 1960, le volume d’eau douce disponible par habitant a chuté de moitié.

La chute des populations d’insectes de 80 % en trente ans a été quantifiée pour la première fois en 2017 dans les zones naturelles protégées allemandes.

En France 

Entre 1989 et 2015, un quart des populations d’oiseaux communs, les plus sensibles aux dégradations des écosystèmes, a disparu.

Entre 2006 et 2014, la moitié des populations des chauve-souris a disparu, et un tiers des espèces évaluées dans les listes rouges UCIN et MNHN sont menacées.

Pour les habitats, la moitié des milieux humides et 43 % des eaux de surfaces sont en bon état.

c) Agir rapidement pour protéger la biodiversité : une nécessité écologique.

Les scientifiques enjoignent les Décideurs et Responsables Politiques de tout mettre en œuvre pour freiner la destruction de l’environnement « et éviter que ne s’aggrave l’épuisement des services rendus par la nature à l’humanité. »

Le défi que représente pour l’humanité l’effondrement de la biodiversité est à traiter avec le même niveau d’importance que le défi climatique.

Gilles BOEUF, ancien Président du Muséum National d’Histoire Naturelle précise : « la biodiversité, nous en faisons partie : la Nature, c’est nous. Nous ne sommes pas à côté d’elle, poursuit-il. Dès que l’on admet cela, on comprend que détruire les écosystèmes revient à s’auto-agresser, qu’opposer la protection de la nature d’un côté à la création d’emplois et au court terme économique de l’autre est d’une totale stupidité. »

Notre actuel Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, Nicolas HULOT a clairement affirmé en octobre 2017 :

Pour concilier biodiversité et transition énergétique, on pourrait ajouter trois mots à la devise française :

• Humilité : l’homme n’a pas intérêt à se prendre pour le maître de l’univers et les lois humaines ne peuvent pas s’exonérer de la loi de la nature

• Sobriété : la nature n’est pas un simple objet d’exploitation

• Diversité : seule la diversité, qu’elle soit culturelle ou naturelle, permet la vie

Humains et non-humains constituent conjointement la Biodiversité.

Leurs avenirs sont indissociables ; la protection et la restauration des écosystèmes qui constituent leurs habitats doivent être mises en œuvre par tous et tout de suite.

I – 2 AGIR POUR LA PROTECTION DU MONDE TERRESTRE : DIFFICULTES ET ESPOIRS

1.1 – Principales causes de disparition des mammifères et vertébrés terrestres :

Les activités industrielles polluent leur espace.

Le premier exemple qui vient à l’esprit est celui du dauphin de Chine, éteint par la pollution des rivières où il vivait.

La Chine est le premier émetteur de gaz à effet de serre sur notre Planète, c’est le plus grand pollueur au Monde, devant les Etats-Unis.

A eux deux, ces pays représentent 40 % de la pollution mondiale !

Nous pouvons noter que le charbon représente 28 % des besoins énergétiques au Monde, juste derrière le pétrole qui produit environ 32 % de ces besoins annuels.

Mais, ce qui est remarquable est que plus de 70 % de la consommation mondiale sont concentrés sur 3 pays :

  • La Chine : 50,6 %
  • L’Inde : 11 %
  • Les Etats-Unis : 9,6 %

Depuis les années 1980, le choix de développement sur le modèle « occidental » en Chine a fortement accentué à la fois la croissance mais aussi une terrible pollution.

Aussi, la Chine à elle seule, voit disparaître 40 000 espèces d’animaux, dont le singe Rhinopithèque, le renard du Tibet, et la plupart des pandas géants à l’état sauvage.

La Chine a créé à ce titre un sanctuaire des pandas géants au Sichuan.  

Le tigre est menacé par les braconniers, et les pangolins par un marché surprenant de médecine chinoise traditionnelle…

D’autres pays très touchés par la pollution sont l’Indonésie et la Russie avec une pollution aérienne qui a moins d’effet sur les mammifères terrestres que sur les insectes et les animaux marins beaucoup plus sensibles à ce genre de pollution.

Une cause également fortement liée à l’industrie est la perte de l’habitat naturel.

Par exemple, le BRESIL coupe environ 20 000 km² par an de forêts mettant en danger bon nombre d’espèces comme le Tamanoir, le Jaguar et bien d’autres…

Le BRESIL connaissait plus de 600 espèces de mammifères,

Ce pays était devenu le premier destructeur de forêts avec par exemple 3,1 millions d’hectares détruits par an de 2000 à 2005.

En 2007 on a dénombré 22 000 incendies de forêts volontaires en forêt amazonienne.

Fort heureusement, par la prise de conscience des autorités, à partir de 2012, le BRESIL ne représente plus que la moitié des arbres coupés en Indonésie et représente 28 % des forêts mondiales à ce jour.


Cette vue de SUMATRA montre que l’INDONESIE a dépassé le BRESIL en terme de déforestation.

Ainsi, pour sa part, l’INDONESIE devient la championne de la déforestation : chaque seconde on coupe six terrains de football en Indonésie pour les remplacer par des palmiers à huile.

Cela met beaucoup d’espèces en danger comme le Tigre de SUMATRA, ou l’orang-outan de SUMATRA, le macaque nègre, ou même l’éléphant !

La déforestation en Indonésie produit 80 % des émissions de CO2 dans le pays, qui devient le 3° plus gros pollueur au Monde après la CHINE et les ETATS-UNIS et devant le BRESIL…

Il demeure toutefois le fait qu’un des plus grands dangers pour la diversité des mammifères a travers le Monde est le braconnage : chasse ou pêche illégale souvent au détriment de l’environnement et dans un but exclusivement lucratif pour les braconniers, pas même pour des questions de survie alimentaire.

Les continents les plus touchés sont les continents Africain et Asiatique avec comme proie privilégiée des braconniers le pangolin, qui est tout simplement devenu l’animal le plus touché par le braconnage pour ses vertus médicinales dans des pays asiatiques : CHINE, LAOS, VIETNAM et CAMBODGE, notamment.

On y compte plus de 200 000 pangolins abattus entre 2011 et 2013 ; un spécimen peut être vendu jusqu’à 1000 $ sur le marché noir.


Le pangolin de CHINE menacé de disparaître.

Ici vendu sous forme d’écailles

Les scientifiques estiment que sa disparition pourrait causer un grand trouble écologique dans les régions où il vit comme, par exemple, la recrudescence des fourmis dont il se nourrit et les invasions de ces dernières…

Autre grande victime du braconnage, l’éléphant dans toutes les espèces ; on dénombre entre 25000 et 50000 éléphant tués toute espèce confondue par an.

L’éléphant d’Afrique pourrait même disparaître d’ici 10 ans, dans son état naturel sauvage, et celui d’Asie serait encore plus menacé ! Encore une fois, outre l’ivoire, ces disparitions voient leur origine dans de sombres raisons pseudo-médicinales…

Au début du XXème siècle on comptait 4 millions éléphants d’AFRIQUE, et on utilisait leurs défenses pour faire des boules de billards : 3 boules par défense, soit 5 défenses pour un jeu complet ; tout en sachant que la plus grande partie des défenses n’était même pas utilisée ! Aujourd’hui on ne compterait plus que 415 000 individus…

Une autre victime des dangers du braconnage est évidemment le tigre ; toutes les espèces ont soit disparu, soit sont en danger critique selon la notation de l’UINC ; ainsi l’espèce comptant le plus de représentants, le tigre de SIBERIE, ne totalise que 2000 membres.

Encore une fois, dans ce cas, nous constatons, comme facteur de disparition de ces espèces, la demande en ASIE pour leurs vertus pseudo-médicinales : pénis de tigre donnant de la vigueur et de la vitalité, ou encore utilisation dans des préparations comme « le vin de tigre » par la fermentation d’une carcasse de tigre dans de la liqueur…

Nous comptons également d’autres espèces menacées comme le rhinocéros pour ses vertus médicinales ; on dénombre 1000 morts par ans soit plus de 3 par jour, ainsi que de manière surprenante, le gorille ou la raie Manta chassés et abattus pour en manger leur viande.

Le gorille de Gauer a perdu plus de 77% de sa population ; il pourrait disparaître d’ici 5 ans, la raie Manta, quant à elle, n’arrive plus assurer sa descendance car sa reproduction est très lente. Elle est chassée pour ses branchies qui peuvent se vendre jusqu’à 400 euros le kilo sur le marché noir.

On remarque facilement que la disparition des grands mammifères est surtout due au braconnage et plus spécifiquement à la demande toujours plus grande de ressources rares et interdites en Asie.

Les plus petits mammifères disparaissent suite à la perte de leur habitat notamment due à l’expansion urbaine, à la pollution ou encore la déforestation.

Un dernier facteur mettant en danger les mammifères est encore la chasse ; elle est juste différente du braconnage, sur un seul point : elle est légale !

Si nous prenons le propre exemple de notre pays, la FRANCE, on peut citer la réinsertion du loup ou de l’ours, après avoir été décimé par l’Homme entre le XIXème et XXème siècle pour la peur qu’il nous a inspirée et pour vendre leurs peaux.

Il y aurait environ 360 loups actuellement en FRANCE et 39 ours dans les PYRENEES ; mais encore aujourd’hui leur présence est contestée bien que pourtant très limitée, surtout par des éleveurs qui voient leurs bêtes se faire dévorer, et qui voudraient instaurer un quota de loups et d’ours tués par ans : aujourd’hui nous en sommes à 38 « prélèvements » par an.

1.2 Le cas des reptiles

Les reptiles sont des animaux vertébrés à sang-froid, recouverts d’écailles et dont la plupart des représentants pondent des œufs.

Un des groupes principaux des vertébrés, est constitué par les reptiles qui sont classés en 4 groupes distincts :

  • Les crocodiliens (alligators et crocodiles)
  • Les rhynchocéphales (uniquement 2 sphénodons relativement menacés)
  • Les squamates (ordre le plus vaste comprenant les lézards et serpents entre autres)
  • Les testudinés (tortues)

989 espèces des reptiles sont menacées 🡺 c’est 20% des espèces connues à ce jour.

Les Mal-aimés

Dans le conscient ou l’inconscient collectif, les reptiles sont souvent associés à des sentiments négatifs tels la peur, la lâcheté ou le Mal, souvent considéré comme dénué de sentiments la place qu’ils occupent dans les écosystèmes est trop souvent négligée et sous-estimée.

Si les risques de morsures de vipères existent, ils n’ont généralement que peu de conséquences.

Les statistiques françaises semblent indiquer 3-5 morts/an par morsure de vipères… à relativiser… car ces mêmes statistiques indiquent qu’il y a 300 morts/an par mort subite inexpliquée pour des personnes qui n’ont pas de problème cardiaque ni aucun problème décelé ! Ou bien encore, il y a 10 000 morts/an en FRANCE suite à des erreurs médicales avérées ou supposées ! Il est donc largement plus dangereux d’aller faire du sport ou d’aller se faire soigner à l’hôpital que d’aller observer les vipères … encore faut-il les trouver !

Espèces invasives

Les Tortues de FLORIDE ont par exemple été largement introduites dans les différents milieux naturels. Dans le Sud de la FRANCE, elles peuvent se reproduire et concurrencer nos espèces locales. Sans parler de l’impact sur l’avifaune aquatique, la tortue Cistude se retrouve ainsi menacée d’extinction sur certains sites !


La tortue de FLORIDE (Source : Z Le chien et ses Amis)

Prédation

Dans les jardins, les villages et parfois même à la campagne, les animaux de compagnies sont de redoutables prédateurs des reptiles… La présence d’un grand nombre de chats limite fortement les populations de reptiles dans les jardins. On dit aussi que mettre quelques poules dans un jardin est un moyen efficace pour ne plus y observer de reptile

Destruction des milieux

La menace la plus évidente et de loin la plus néfaste pour les Reptiles, comme d’ailleurs pour toute la biodiversité mondiale, européenne et française, est sans conteste la destruction des milieux naturels.

Toujours plus de routes… toujours moins de sites naturels, et donc d’habitats pour les espèces !

2- Les actions pour la protection des animaux terrestres

2.1 Au plan international

L’attention de la communauté internationale face à la menace qui plane depuis des siècles sur la vie animale et végétale n’est pas récente. Avant la Conférence de Rio, a été organisée une riposte juridique significative. Mais derrière ce déploiement juridique on voyait des préoccupations différentes, parfois éloignées des motivations réelles sur la protection de la biodiversité.

Les premiers traités consacrés à la protection de certains éléments de la faune ou de la flore apparaissent dès le XIXe siècle. Leur caractéristique majeure était d’assurer l’exploitation d’une espèce donnée ou des stocks d’espèces, pour l’avenir. Il en était ainsi de nombreux traités réglementant les pêcheries.

La première grande convention internationale multilatérale date du 19 mars 1902 en FRANCE à PARIS.

Dans les années 1930, une vision nouvelle concernait la protection de toutes les espèces : disparition progressive de la séparation animaux utiles / animaux nuisibles.

Dans les années « écologiques » 1960, et visiblement à la Conférence de STOCKHOLM en 1972, apparaît enfin une autre manière d’appréhender le problème de la protection des espèces. C’est le principe 4 de la Déclaration de STOCKHOLM qui exprime le mieux cette nouvelle vision de la protection de l’Ecosystème terrestre : « L’homme a une responsabilité particulière dans la sauvegarde et la sage gestion du patrimoine constitué par la flore et la faune sauvages et leur habitat qui sont aujourd’hui menacés par un concours de facteurs défavorables. La conservation de la nature, et notamment de la faune et de la flore, sauvage, doit donc tenir une place importante dans la planification pour le développement économique ».

L’innovation dans ce nouveau paradigme vient de ce que l’espèce protégée est désormais considérée « pour elle-même, en tant qu’élément de la Nature ».

Cette révolution des idées réside dans l’extension du concept même de conservation à l’habitat de la faune et de la flore sauvages désormais appréhendé comme partie intégrante de l’écosystème global à préserver, et considéré comme la pièce maîtresse de la protection des espèces sauvages.

2.2 L’approche juridique au plan Mondial

Cette approche globale de la préservation de la diversité biologique est développée dans la Convention de RIO de 1992 qui vise la protection des espèces et de leur habitat et, pour la première fois, la diversité biologique dans son ensemble.

La Conférence sur le Droit International de l’Environnement du 12 au 16 août 1991 au

Palais de la Paix à LA HAYE a retenu huit de ces Conventions comme « dignes d’intérêt ».

Elles sont multilatérales, régionales ; nous considérons dans l’ordre chronologique

– Convention pour la protection de la flore et de la faune et des beautés panoramiques naturelles des pays de l’Amérique, adoptée à WASHINGTON le 12 octobre 1940.

– Convention africaine sur la conservation de la nature et des ressources naturelles, préparée par l’OUA et adoptée à ALGER le 15 septembre 1968.

– Convention relative aux zones humides d’une importance internationale, connue sous

L’appellation « Convention de RAMSAR », signée en IRAN le 2 février 1971.

– Convention sur la protection du Patrimoine Mondial culturel et naturel, adoptée lors de la Conférence générale de l’UNESCO à PARIS le 23 novembre 1972.

– Convention sur le Commerce International des espèces sauvages de faune et de flore menacées d’extinction, ou encore la « CITES » (en anglais : Convention on International Trade of Engangerend Species), signée à WASHINGTON le 3 mars 1973.

– Convention sur la conservation des espèces migratoires appartenant à la faune sauvage, signée à BONN (Allemagne) le 23 juin 1979 ;

– Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe, préparée dans le cadre du Conseil de l’Europe et signée également à BONN le 19 septembre 1979.

– Convention sur la conservation de la nature et des ressources naturelles, au sein de l’Association des Nations de l’ASIE du SUD-EST (ANASE), signée à KUALA LUMPUR le 9 juillet 1985.

– Convention EURASIE-AFRIQUE de 1995 sur les oiseaux migrateurs.

Ces conventions ne sont qu’une partie de l’arsenal juridique international traitant directement ou indirectement de la préservation de la Biodiversité. Ce sont simplement les plus importantes à notre sens.

Ainsi, il s’agit d’un instrument juridique international à caractère fondamental : la convention de RIO sur la diversité biologique

Cette convention est le résultat d’une succession de négociations soutenues. Elle comporte une double préoccupation :

– Permettre de sauvegarder la souveraineté permanente des États sur leurs ressources génétiques.

– En ouvrant la voie à une préservation efficace de la diversité biologique par un partage équitable des droits et devoirs afférents.

Cette double préoccupation que les négociateurs ont pris en compte, se reflète dans le dispositif normatif de la Convention.

Cette dernière est marquée par la souplesse de ses normes, d’autre part, elle est dominée par un souci de compromis dans la gestion de la diversité biologique

Nous notons, en particulier, le rééquilibrage des droits de propriété sur les éléments constitutifs de la diversité biologique.

En raison de leur importance progressivement révélée pour la Communauté internationale, les éléments constitutifs de la diversité biologique ont commencé à acquérir, avant la Convention du 5 juin 1992, le statut de « Patrimoine commun de l’Humanité ». C’est sur la base de ce statut que les différents arrangements internationaux antérieurs à la Convention ont consacré systématiquement le principe du libre accès à ces ressources.

Nous retenons, également, Le renforcement de la souveraineté de l’État sur la diversité biologique ; ce renforcement intervient dans la Convention comme un contrepoids à la consécration de la « brevetabilité » du vivant. C’est lui qui permet en quelque sorte de rétablir l’équilibre entre les prétentions des Pays développés et ceux des pays en développement.

C’est ainsi que s’établit la contractualisation de l’accès à la diversité biologique.

Elle résulte de cet équilibre entre Droit au Brevet des chercheurs et exploitants, et pouvoir de déterminer l’accès détenu par les États.

La réglementation du commerce mondial des espèces menacées : la CITES et son application à l’AFRIQUE sont remarquables également :

Cette Convention de WASHINGTON signée le 3 mars 1973 dans la capitale américaine à la demande des pays du Tiers Monde, soucieux de conserver leur patrimoine naturel surexploité par les pays riches, est entrée en vigueur le 7 juillet 1975. La Convention a pour but d’instaurer à l’échelle mondiale un contrôle sur le commerce des espèces menacées d’extinction et des produits qui en dérivent, en reconnaissance du fait que l’exportation commerciale illimitée est l’une des principales menaces pour la survie de nombreuses espèces sauvages.

La CITES est, à l’heure actuelle, le Traité le plus complet qui existe sur le commerce des individus appartenant à des espèces sauvages menacées.

En particulier, elle lance le contrôle du commerce de l’ivoire. L’alerte sur la menace pesant sur l’éléphant ne date pas d’aujourd’hui. Dès le début du XXe siècle, l’opinion scientifique et l’opinion publique internationale commençaient à s’émouvoir des massacres d’éléphants.

L’opinion publique internationale a de nouveau réagi à cette menace sur l’éléphant à travers le cri d’alarme lancé en 1977 par les zoologistes au Congrès Mondial pour la sauvegarde de l’environnement sauvage. Il était apparu que plus de la moitié des éléphants d’AFRIQUE disparaîtrait en une décennie si leur abattage n’était pas strictement réglementé.

Citons, en exemple, une expérience sous-régionale originale : l’Accord du 20 juin 1991 concernant la création d’un Centre pour le commerce de l’ivoire en AFRIQUE du SUD-EST qui avait pour but d’assurer un contrôle du commerce de l’ivoire et d’autres produits de la faune sauvage sur une base régionale. Il a été institué, entre le BOTSWANA, le Malawi, la NAMIBIE, la ZAMBIE et le ZIMBABWE. Ce Centre pour le Commerce de l’ivoire en AFRIQUE du SUD-EST fait référence à la réunion de la CITES du 20 octobre 1989 en SUISSE, et à la décision du Conseil des Ministres de la SADCC du 29 au 30 janvier 1990 à LUSAKA (ZAMBIE). Il fixe, comme objectifs du Centre, l’établissement et le contrôle d’un système simple de commercialisation de l’ivoire et d’autres produits de l’éléphant.

La Communauté Internationale ainsi que la Communauté Européenne se sont intéressées à la protection des forêts.

L’intérêt direct de la Communauté pour la conservation des forêts tropicales n’est pas très ancien. Il a cependant été plus marqué au cours des années récentes. Il se manifeste essentiellement, au plan de la politique communautaire, par la Convention de LOME et ses dispositions relatives à l’environnement, tendant à affirmer les impératifs de lutte contre la dégradation de l’environnement et de conservation des ressources naturelles.

C’est dans une communication au Conseil Européen du 16 octobre 1989 intitulée « La conservation des forêts tropicales ; le rôle de la Communauté » que la Commission a fixé les actions communautaires dans ce domaine. Une résolution du Conseil des Ministres de la coopération au développement du 29 mai 1990 intitulée « Forêts tropicales : droit de l’environnement en AFRIQUE, aspects concernant le développement » constitue ensuite une base pour l’utilisation des instruments de développement dans le domaine de la conservation des forêts tropicales. Par ailleurs, dans plusieurs résolutions, le Parlement européen s’est montré préoccupé par la destruction de ces forêts et ses conséquences pour leurs Habitants.

Par la suite, le Règlement Communautaire du 10 juin 1994 relatif aux actions dans le domaine des forêts tropicales est venu compléter ces dispositions. Ce texte entend par « forêts tropicales » les écosystèmes forestiers naturels et semi-naturels tropicaux ou subtropicaux sous des climats secs ou humides situés dans les régions tropicales ou subtropicales. Il définit également la « conservation » comme étant toutes les actions visant à préserver et à réhabiliter les forêts tropicales, et particulièrement celles qui sont conçues pour protéger ou restaurer la diversité biologique, y compris les fonctions écologiques de l’écosystème forestier, sa valeur utilitaire actuelle et future pour l’humanité, à commencer par les populations forestières.

La destruction des milieux naturels entraîne celle des espèces animales (faune) et végétales (flore) qui en dépendent et dont certaines sont précieuses, soit en raison de leur rareté, soit parce qu’elles sont menacées d’extinction. Aussi, s’est-on efforcé de prévoir des espaces particuliers, aménagés ou non, dans lesquels ces espèces pourraient subsister à l’abri des interventions humaines : c’est la finalité des aires protégées. Juridiquement, une aire protégée « est un espace soumis à un régime spécial, hors du droit commun, qui permet d’interdire ou de réglementer les activités humaines susceptibles de porter atteinte au milieu naturel »

C’est ainsi qu’apparaît, lors des deux dernières décennies, la notion de gestion des écosystèmes fragiles. Certains écosystèmes sont relativement robustes et résistent aux agressions permanentes pendant que d’autres sont très sensibles aux perturbations et peuvent avoir besoin de périodes longues pour se reconstituer. Par exemple, les savanes vivent des incendies périodiques et y résistent parfaitement bien, alors que les forêts tropicales humides sont facilement perturbées et réclament des décennies voire des siècles pour se reconstituer. Les écosystèmes particulièrement sensibles incluent ceux qui reposent sur des substrats géographiques instables tels que les pentes raides sujettes à des glissements de terrain ou encore ceux qui dépendent des influences extérieures au système comme les estuaires et les deltas.

Les pays développés y incluent la montagne, ce qui n’est nullement le cas de la plupart des pays africains. En tout état de cause, la notion d’espace écologiquement sensible apparaît particulièrement étendue et constitue un socle pertinent à l’étude de tous les droits de la protection de la Nature.

Nous noterons, particulièrement, la lutte contre la sécheresse et la désertification, qui fait l’objet du Programme d’Action depuis juin 1994, avec une convention internationale spécifique qui lui est désormais consacrée. Mais avant même l’idée d’une Convention Internationale dans ce domaine, la lutte contre la désertification avait déjà été prise en compte par les deux dernières conventions de LOME.

La Convention de LOME II, signée le 31 octobre 1979, contenait quelques indications en matière d’environnement, mais elle ne comportait pas de dispositions particulières sur la désertification. Le point de départ est vraiment situé dans la convention de LOME III, signée le 8 décembre 1984, qui consacre des dispositions vraiment claires à la lutte contre la sécheresse et la désertification, comme le financement des actions dans le cadre des programmes nationaux et le niveau de la coopération régionale.

La Convention de LOME IV, signée le 15 décembre 1989, consacre des développements plus importants à la lutte contre ce phénomène qui constitue un problème écologique d’importance majeure en Afrique, et dans le Monde.

Pour que les bonnes volontés soient relayées de manière pratique plusieurs institutions sont créées :

  • La conférence des Parties : c’est l’organe suprême de la Convention ; un organe classique, commun à la plupart des Conventions modernes. La conférence prend, dans la limite de son mandat, les décisions nécessaires pour promouvoir la mise en œuvre effective de la Convention
  • Le Secrétariat Permanent : c’est l’Organisme d’appui à la Conférence. En dehors des fonctions classiques, il doit faciliter, à leur demande, l’obtention d’une aide aux Pays en développement touchés. Il remplit aussi les autres fonctions de secrétariat que la Conférence des Parties peut lui confier.
  • Le Comité de la Science et de la Technologie : c’est un Organe de la Conférence des Parties qui doit fournir à la Conférence des informations et des avis sur des questions technologiques relatives à la lutte contre la désertification et l’atténuation des effets de la sécheresse. C’est une organisation pluridisciplinaire ouverte toutes les Parties.

Logiquement, les autorités internationales se sont penchées sur la « gestion rationnelle des ressources en eaux continentales et la protection des écosystèmes fluviaux et lacustres. »

L’eau est, avec l’air, l’un des éléments de la biosphère sans lesquels toute vie est impossible. Il est fondamental d’insister sur son caractère précieux en bien des parties du Monde, durement confrontées aux problèmes de sécheresse et de désertification.

Si les forêts sont, comme on le dit souvent les « poumons » de la Planète, on peut dire aussi que les cours d’eau en sont les « artères » : ils nettoient et drainent le « sang de la terre » qui se charge des résidus de toutes les activités humaines, pour les rejeter au bout du compte à la mer. L’importance de l’eau se mesure à la faiblesse du volume des ressources en eau utilisables par l’espèce humaine : on estime que 97 % des eaux de la Planète sont inutilisables pour la consommation humaine sous toutes ses formes, en raison soit de leur qualité (en particulier dû à la salinité), soit que les milliards d’habitants qui peuplent la TERRE vivent sur 2 % environ des ressources en eau réparties entre les cours d’eau, fleuves et lacs, et les nappes aquifères accessibles !

Mais les utilisateurs de cette ressource vitale en apprécient-ils toujours son caractère à la fois précieux et sensible ? Ce n’est pas certain ! Les ressources consommables, posent des problèmes de santé publique, mais aussi de développement socio-économique, et principalement de développement de l’industrie et de l’agriculture. Certains utilisateurs ne tiennent pas toujours compte des besoins des autres, ni de ce que la qualité de l’eau doit être préservée pour lui permettre de satisfaire tous les besoins multiples.


La pollution en CHINE sur le Lac WUHAN…

Le Plan d’action de MAR DEL PLATA, en 1977, à la suite de la Charte européenne de l’eau proclamée le 6 mai 1968, rappelle que l’eau n’est pas inépuisable et insiste sur la préservation de sa qualité. La Conférence adopte en effet un Plan d’action qui met l’accent sur la gestion de la ressource. Cette démarche nouvelle aboutit à la proclamation de la Décennie internationale de l’eau potable et de l’assainissement, dont l’impact a été important.

C’est par conséquent, à DUBLIN, en IRLANDE, du 26 au 31 janvier 1992 par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), que l’on a réuni 500 participants provenant d’une centaine de Pays et des ONG.

La « Déclaration de DUBLIN » et le Rapport de la Conférence 7 montrent que celle-ci a inscrit résolument la question de l’eau dans la perspective du développement durable.

La Déclaration précise : « La rareté de l’eau douce et son emploi inconsidéré compromettent de plus en plus gravement la possibilité d’un développement écologiquement rationnel et durable. Santé et bien-être de l’homme, sécurité alimentaire et industrialisation sont autant de domaines menacés, de même que les écosystèmes dont ils dépendent, sauf à opter dans la présente décennie et au-delà, pour une gestion plus efficace de l’eau et des sols ».

Depuis 2000 de nombreux plans pour la Biodiversité voient le jour. La restauration consiste à assister le « rétablissement » des écosystèmes qui ont été dégradés, endommagés ou détruits sous l’effet d’activités humaines ou de catastrophes naturelles. L’objectif final est de rétablir la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes, à titre patrimonial ou afin qu’ils assurent à nouveau un certain nombre de services dont la société bénéficie : filtration de l’eau, lutte contre l’érosion, protection contre les risques naturels…

Dans nos Pays comme la FRANCE, le suivi des réponses de la Société n’est complet que si l’on regarde les effets réels des politiques et actions. Au-delà des efforts engagés par l’ensemble des acteurs, l’intérêt est bien de savoir si ces mesures ont un résultat positif sur l’état de la biodiversité en forêt.

Leur évaluation demande un travail de recherche et d’expertise très précis. Certaines études vont d’ores et déjà dans ce sens : des chercheurs du Muséum National d’Histoire Naturelle ont récemment publié une évaluation de l’efficacité du réseau NATURA 2000 sur les populations d’oiseaux communs dans laquelle ils s’interrogent sur la pertinence des zones géographiques délimitées pour leur biodiversité dans le cadre de ce réseau et sur l’impact véritable des mesures NATURA 2000 sur les communautés d’oiseaux.

En s’inspirant de cet exemple, d’autres évaluations pourraient être mises en place.

Pour garder une image positive sur l’avenir gardons la première de couverture d’un document pédagogique que nous conseillons vivement initié par la BELGIQUE :

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