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« LA BIODIVERSITE DE NOTRE PLANETE EST EN DANGER »

A la suite du premier thème BIODIVERSITE I traité précédemment et que vous trouvez sur notre site nous proposons cette fois de traiter

II – 1    AGIR POUR LA PROTECTION DU MONDE MARIN : DIFFICULTE ET ESPOIRS.

II – 2    AGIR POUR LA PROTECTION DES INSECTES : UNE NECESSITE VITALE POUR L’ENSEMBLE DES ECOSYSTEMES

II 1 – AGIR POUR LA PROTECTION DU MONDE MARIN : DIFFICULTE ET ESPOIRS.

1- Une situation périlleuse pour le monde marin.

Nous savons tous aujourd’hui que la surface de notre chère Planète Bleue est recouverte à environ 75 % par les Océans et Mers et plusieurs scientifiques estiment que la grande majorité des espèces, à 95 %, se trouverait parmi ces immenses étendues d’eau.

Cela est à ajouter au fait que les scientifiques, grâce à plusieurs études récentes au siècle dernier, estimeraient que seul un tiers des espèces marines auraient été découvertes.

Le maintien de la biodiversité est vital pour les Hommes, car l’on estime que 50% des habitants sont dépendants des océans (tourisme, énergie, commerce, nourriture) et que la moitié de la population mondiale habite à moins de 100 km des côtes.

La biodiversité marine est l’ensemble de la diversité biologique propre aux océans ou en dépendant très directement, elle comporte ainsi les poissons, les mammifères marins, les coraux, crustacés et autres.

Le monde marin connait depuis les années 60 une forte diminution de ses richesses en terme de biodiversité ce qui peut s’expliquer par 2 raisons :

  1. La surexploitation des différentes espèces de poissons afin de répondre à la demande toujours plus grande des consommateurs :

Entre 1950 et 2010 la consommation annuelle de poisson est passée de 7 kg/pers à près de 18,5 kg / pers.

La consommation de produits halieutiques a considérablement augmenté au cours du vingtième siècle, passant ainsi d’1,5 million de tonnes en 1850 à 60 millions de tonnes dans les années 1980.

Afin de répondre à cette demande croissante, les marins et pécheurs n’ont d’autre choix que de pécher de plus en plus profondément ; or les espèces vivant dans les profondeurs ont plus de mal à se reproduire, leur stock s’épuisent donc facilement.

Il faut de plus prendre en compte en sus de ce bilan, les prises connexes rejetées à la mer, la destruction des fonds par chalutage, l’augmentation des captures en deçà de 400 m, la dégradation de la taille des prises, et la progression d’une aquaculture dévastatrice de beaucoup de milieux naturels

On estime donc que sur les 600 espèces surveillées par l’ONU 200 sont épuisées ou surexploités. La FAO estime la moitié des stocks mondiaux sont exploités au maximum de leurs possibilités et qu’un quart est surexploité ou épuisé.

  • La surexploitation des différentes espèces de poissons afin de répondre à la demande toujours plus grande des consommateurs :

Entre 1950 et 2010 la consommation annuelle de poisson est passée de 7 kg/pers à près de 18,5 kg / pers.

La consommation de produits halieutiques a considérablement augmenté au cours du vingtième siècle, passant ainsi d’1,5 million de tonnes en 1850 à 60 millions de tonnes dans les années 1980.

Afin de répondre à cette demande croissante, les marins et pécheurs n’ont d’autre choix que de pécher de plus en plus profondément ; or les espèces vivant dans les profondeurs ont plus de mal à se reproduire, leur stock s’épuisent donc facilement.

Il faut de plus prendre en compte en sus de ce bilan, les prises connexes rejetées à la mer, la destruction des fonds par chalutage, l’augmentation des captures en deçà de 400 m, la dégradation de la taille des prises, et la progression d’une aquaculture dévastatrice de beaucoup de milieux naturels

On estime donc que sur les 600 espèces surveillées par l’ONU 200 sont épuisées ou surexploités. La FAO estime la moitié des stocks mondiaux sont exploités au maximum de leurs possibilités et qu’un quart est surexploité ou épuisé.

  • La pollution des différents écosystèmes maritimes : les principaux déchets sont le plastique. Prenons pour exemple la Vile d’Anglet en Pyrénées-Atlantiques, sur la plage de La Barre, le plastique et le polystyrène représentent 94,5 % des 10 884 déchets collectés !

  Environ 8 millions de tonnes de déchets sont déversés dans les océans chaque     jour ;     hélas 80% de cette pollution est d’origine humaine !

    Environ 8 millions de tonnes de déchets sont déversés dans les océans chaque     jour ;     hélas 80% de cette pollution est d’origine humaine !


Image de l’Institut 5 GYRES en CALIFORNIE

Si l’on extrapole les résultats collectés dans l’année 2008, de nombreuses espèces marines sont menacées :

  • 17 % des espèces de requins.
  • 12 % des espèces de mérous.
  • 27 % des coraux.
  • 25 % des mammifères marins.
  • 6 % des espèces de tortues marines.

Tortue prise dans un carcan plastique WWF

Les espèces les plus touchées sont notamment :

  • Les cétacés, phoques, loutres de mer ou tortues accidentellement et involontairement capturées dans les filets de pêche (dont chaluts).
  • Certains oiseaux plongeurs (albatros par exemple) capturés par le filet ou un hameçon alors qu’ils tentaient de manger des poissons piégés par ces dispositifs
  • Les poissons, crustacés ou autres organismes non ciblés (espèces sans intérêt commercial, ou non commercialisables pour des raisons de taille (immatures, juvéniles) ou d’interdiction de pêche) par une pêcherie et ramenés à bord par les filets ou hameçons.
  • Des espèces de poissons non visées, mais conservées ou vendues au rebut.
  • Des espèces indésirables d’invertébrés dont échinodermes et crustacés non commercialisables.

2. Les espoirs viendraient de plusieurs pistes pour préserver la biodiversité marine :

2.1 Mettre en place des réserves marines protégées


Actuellement, les aires marines protégées ne constituent que 0,6 % de la surface totale des océans car elles sont situées sur les côtes et ne s’étendent que rarement aux limites des plateaux continentaux. Et ces aires n’assurent pas une protection absolue.

Par exemple, en France, une aire marine protégée est « un espace délimité en mer, sur lequel est fixé un objectif de protection de la nature à long terme. Cet objectif est rarement exclusif : il est souvent, soit associé à un objectif local de développement socio-économique, soit articulé avec une gestion durable des ressources ».

Elle se caractérise également par un certain nombre de mesures de gestion mises en œuvre au profit de l’objectif de protection : suivi scientifique, programme d’actions, chartes de bonne conduite, protection du domaine public maritime, réglementation, surveillance, information du public…

2.2 Préserver les milieux côtiers


La préservation des ressources marines passe par la préservation des milieux côtiers. Ces derniers devraient abriter selon les dernières estimations plus de 80 % de la population mondiale en 2050 et seront donc extrêmement fragilisés. Il est nécessaire de prendre en compte au plus vite la préservation de notre littoral. L’urbanisation du littoral est dorénavant limitée en France d’une part par la loi Littoral et d’autre part par le travail du Conservatoire du littoral. Mais dans encore bon nombre de pays, les milieux côtiers sont le théâtre d’une urbanisation croissante qu’il convient de maitriser.

Concernant les rejets de diverses origines, c’est certainement un des impacts majeurs sur

les milieux littoraux. Les effluents d’azote et de phosphates agricoles, les rejets des eaux usées et autres entrainent une prolifération des algues et autres bactéries en bord de mer pouvant avoir des conséquences néfastes sur la biodiversité mais également la santé humaine (les algues vertes en Bretagne).

Il sera indispensable de renforcer la législation en vigueur.

2.3 Développer l’aquaculture

Compte tenu de l’épuisement des stocks et de la progression (2 % par an) de la demande mondiale en produits aquatiques, l’aquaculture est une réponse qui peut être efficace face à la surpêche.

L’aquaculture n’est pas tout à fait sans conséquence sur l’environnement : les effluents produits sont polluants, la production d’espèces carnivores est consommatrice en alevins, les utilisations croissantes d’antibiotiques et de médicaments ont des impacts sur les populations sauvages…

Enfin, les fermes aquacoles pourraient avoir recours à l’introduction d’espèces exotiques, étrangères au milieu naturel qui, en cas d’introduction accidentelle dans le milieu naturel, pourraient avoir de graves conséquences sur les espèces indigènes.


Ici l’exemple de la Ferme du FRIOUL près de MARSEILLE

Là encore une meilleure règlementation sur le fonctionnement des fermes aquacoles doit être mise en place. Il s’agit notamment de règlementer l’utilisation des captures accessoires pour l’alimentation des espèces carnivores, de manière à ne pas inciter les pêcheurs à conserver les espèces qui auraient pu être relâchées ; de renforcer la législation sur les rejets d’effluents dans le milieu naturel ; d’interdire l’élevage d’espèces exotiques, pour éviter le risque d’invasions biologiques et de contrôler l’utilisation de médicaments qui pourraient affecter indirectement les espèces sauvages via les effluents.

2.4 Limiter les prises additionnelles (ou connexes)


Pour compenser la diminution des stocks de poissons, les pécheurs ont recours à un véritable labourage des océans et à des techniques de pêche de plus en plus perfectionnées.

Cela entraine une augmentation des prises d’espèces non voulues ou recherchées, des prises de poissons trop jeunes ou trop petits ou d’espèces non commercialisables. Les prises accessoires comprennent souvent des « juvéniles » d’espèces de poissons recherchées : morue, rascasse, truite de mer etc. ainsi que de tortues de mer.

Ces prises connexes sont très variables suivant les types de pêche : de 20 à 40 % et jusqu’à 80 % pour la pêche à la crevette ! Elles peuvent constituer un grave problème si les ressources biologiques sont gaspillées, les populations d’espèces rares et en péril sont menacées et de nouveaux prélèvements sont effectués dans les stocks halieutiques déjà abondamment exploités.

2.5 Pour sa part la Commission Européenne a proposé des mesures pratiques :

1 – Réduire la surpêche : La surpêche qui frappe actuellement de nombreux stocks a pour effet de diminuer la biomasse. Il est donc urgent de réduire l’effort de pêche et de mettre en œuvre des mesures appropriées pour développer la biomasse des stocks reproducteurs.

2 – Fermeture temporaire de certaines zones : Il convient de fermer temporairement et en « temps réel » des zones dans lesquelles une grande proportion de juvéniles a été observée. Cette mesure consiste à avertir immédiatement les pêcheurs dès que le niveau des prises accessoires est jugé excessif dans une zone. Les navires devront alors quitter la zone, qui sera fermée à la pêche aussi longtemps que nécessaire.

3 – Des engins de pêche plus sélectifs : Grâce à la recherche et aux progrès technologiques, les engins de pêche peuvent être considérablement perfectionnés afin de réduire les prises accessoires. L’adaptation des engins de pêche en vue d’accroître leur sélectivité doit être réalisée en concertation avec les pêcheries.


Ici l’exemple proposé par IFREMER : nappes à mailles carrées…

4 – Interdire les rejets : Selon la communication de la Commission, les mesures décrites ci-dessus doivent cependant être sous-tendues par un nouveau mode de gestion des rejets. Outre la réglementation des techniques et des zones de pêche, la Commission propose d’imposer une obligation de résultat.

Les rejets seraient donc progressivement interdits et un taux maximum acceptable de prises accessoires d’organismes non commercialisables, de juvéniles ou d’espèces en dépassement de quotas serait fixé pour chaque pêcherie.

Dans un premier temps, ces normes seraient basées sur une réduction par rapport à la situation actuelle, puis seraient progressivement abaissées afin d’encourager la recherche technologique et l’adaptation des pratiques de pêche.

L’interdiction des rejets obligerait les pêcheries à prendre en compte le coût des prises accessoires qui constituerait une incitation supplémentaire à diminuer ce type de captures. Des dispositions réglementaires fixeraient le résultat à atteindre : maximum de prises accessoires acceptable, etc.


Ces rejets de poissons « non désirés » devraient disparaître

5 – Labelliser la pêche : La labellisation de la pêche et de l’aquaculture durable pourrait permettre de mettre en avant les pêches respectueuses du milieu marin, et ainsi inciter les pêcheurs à adopter des pratiques plus écologiques.

Un écolabel du FAO existe déjà, il s’agit du Marine Stewardship Council (MSC). Mais cet écolabel ne couvre que 7% des prélèvements mondiaux. Une action de promotion de ce label par l’Union Européenne serait souhaitable …

II 2 – AGIR POUR LA PROTECTION DES INSECTES : UNE NECESSITE VITALE POUR L’ENSEMBLE DES ECOSYSTEMES


Source : image libre de droit

1) une situation alarmante pour les insectes, le modèle agricole en cause.

Des chercheurs ont publié dans la revue PLOS ONE, le 18 octobre 2017 une étude portant sur le déclin de près de 80 %des insectes volants dans les aires protégées allemandes depuis 1970. Ce déclin est supérieur aux vertébrés sauvages estimé à 58 %.

Les mesures publiées ne concernent que l’ALLEMAGNE ; mais la FRANCE ou le ROYAUME UNI ont des systèmes agricoles très semblables.

Le facteur majeur permettant d’expliquer cet effondrement aussi rapide est l’intensification des pratiques agricoles : le recours accru aux pesticides, aux engrais de synthèse, …  

C’est l’intensification agricole, dont la disparition des marges des parcelles et les nouvelles protections des cultures, qui en sont les causes.

Parmi les nouvelles méthodes de protections des cultures, le traitement par enrobage des semences, grâce aux insecticides néonicotinoïdes est le principal suspect.

Cet effondrement rapide de l’entomofaune a un impact sur l’ensemble des écosystèmes, les insectes formant l’un des socles de la chaîne alimentaire.

Les invertébrés « producteurs » des sols avec les champignons et les bactéries représentent 80 % de la biomasse totale des terres émergées. Ils sont la ressource alimentaire indispensable à un nombre considérable de mammifères (musaraignes, hérissons, chauve-souris, …) et d’oiseaux.

Une étude témoigne de l’effondrement de 50 % des oiseaux des milieux agricoles entre 1980 et 2010.

Le miel, formé à partir de nectars des plantes mellifères est un bon indicateur de l’imprégnation générale de l’environnement. Une étude a montré, à partir d’un échantillonnage de 200 miels récoltés sur les cinq continents, que des résidus de néonicotinoïdes y étaient omniprésents à des teneurs délétères sur certains insectes.

En 2013, un dispositif de mesure des insectes en Allemagne a mis en évidence une réduction de 80 % de la biomasse d’insectes.

En vingt-cinq ans, les quatre cinquièmes des insectes de la zone concernée ont disparu.

Les entomologistes allemands, circonspects et prudents ont réinstallés les mêmes instruments d’expérimentations, sur la même zone, l’année suivante.

Ils ont hélas retrouvé des résultats identiques en 2014 !

2) changer de modèle agricole pour préserver les insectes : une question politique

a) Quelle action possible des pouvoirs publics pour réduire l’utilisation des pesticides ?

93 % des Français considèrent que leur santé est impactée par la présence de pesticides dans les aliments consommés et seraient prêts pour une nouvelle transition agricole et alimentaire.

Le gouvernement français a présenté le 18 Janvier 2018 son plan d’action pour réduire la dépendance de l’agriculture française aux pesticides.  

4 priorités de ce plan :

– Diminuer rapidement l’utilisation des substances les plus préoccupantes pour la santé et l’environnement.

– Renforcer la recherche sur les impacts des produits phytosanitaires sur les populations.

– Accompagner la recherche d’alternatives pour le monde agricole.

– Renforcer le plan ECOPHYTO 2.

En 2008, un premier programme ECOPHYTO devait conduire à une baisse de moitié de recours aux pesticides à l’horizon 2018. A 3 ans de cette échéance, aucune baisse n’ayant été obtenue- les usages de phytosanitaires ayant au contraire augmenté -, une deuxième phase ECOPHYTO a été mise en place pour repousser l’échéance à 2025.

La réglementation européenne de 2009 permet aux substances autorisées avant cette date de le demeurer jusqu’à l’expiration de leur licence, même si leur dangerosité a été prouvée.

Le gouvernement français devrait demander à la Commission européenne qu’elle mette fin dans les meilleurs délais à l’approbation des substances problématiques.

Le rapport public sur lequel se fonde le gouvernement français propose aussi un renforcement de la recherche sur les impacts sanitaires et environnementaux des pesticides, et la surveillance de l’exposition des populations par le biais de campagnes de mesure de la contamination de l’air.

Le rapport public dit que l’utilisation massive des produits phytosanitaires constitue un enjeu majeur de santé publique pour les applicateurs, leurs familles, les riverains, et les consommateurs qui sont potentiellement exposés aux dangers que présentent les pesticides.

b) le point de vue des ONG sur les moyens de réduire les pesticides : mettre à contribution la grande distribution.

GREENPEACE FRANCE explique les échecs des plans ECOPHYTO 1 et 2 par le manque de moyens financiers alloués (71 millions d’euros) et le manque de cohérence interministériel qui n’ont pas permis une dynamique suffisante pour assurer une transition réelle vers des systèmes alternatifs.

Pour GREENPEACE, il faut mobiliser les Enseignes de la grande distribution sur 3 enjeux :

–  la suppression des pesticides les plus dangereux et la réduction globale des volumes utilisés. Cela passe par l’adoption de cahiers de charges ambitieux en matière de réduction de pesticides en co-construction avec les agriculteurs.

– un soutien de la grande distribution aux fournisseurs (producteurs, coopératives) dans la prise de risque agronomique que représente cette transition agricole : garantie face à des pertes de rendements.

– la transparence de la grande distribution sur ses pratiques vis-à-vis des Producteurs et des Consommateurs.

La grande distribution représente 3/4 de la commercialisation des fruits et légumes en FRANCE. Le monde paysan ne doit pas assumer seul le coût des changements des pratiques, d’après nos pouvoirs publics.

3 –  Une difficile transition dans le monde agricole : le cas du glyphosate

Le Glyphosate est le pesticide le plus utilisé dans le Monde. C’est le principe actif du Roundup de MONSANTO mais aussi de 750 produits commercialisés par 90 fabricants.

En FRANCE, il s’en vend environ 800 tonnes par an, épandues essentiellement sur les céréales et les vignes.

Parmi les substances susceptibles d’affecter les insectes et notamment les abeilles, les spécialistes pointent :

– l‘Imidaclopride : molécule active du GAUCHO et du CONFIDOR,

– la Clothianidine : molécule active du PONCHO-MAÏS et…

– le Thiaméthoxame : molécule active du CRUISER.

a) l’agriculture conventionnelle utilise le glyphosate

Pour les partisans de l’utilisation du Glyphosate, comme les adhérents de la FNSEA, syndicat agricole, c’est un produit sans équivalent, efficace et bon marché. Il suffit d’épandre 2,5 litres de Glyphosate par hectare pour tuer l’ensemble des plantes, moyennant 12 euros par hectare, contre 40 à 60 euros pour d’autres herbicides sélectifs.  

Le gain de temps est considérable : on peut faire 200 hectares en une journée alors qu’avec un outil mécanique, on fait 20 hectares par jour.

Les agriculteurs conventionnels, s’ils arrêtaient le Glyphosate, auraient une perte globale de 2 milliards d’euros pour l’agriculture française à cause des surcoûts et de la perte de rendement, perte insoutenable avec la concurrence du marché mondial.

b) l’agriculture biologique n’utilise pas de pesticides.

Les paysans convertis à l’agriculture biologique ont d’autres pratiques. Ils n’utilisent pas de Glyphosate, ni aucun autre pesticide chimique avec des rendements pour les céréales de 80 % de l’agriculture conventionnelle. Ils mettent en place une rotation des cultures très variées tous les huit ou neuf ans : exemple du blé, de l’orge, de printemps, du maïs, du sarrasin, de l’épeautre, de la luzerne, des petits pois, des pommes de terre, et des oignons.

Le Gouvernement envisage aussi de séparer les activités de conseil et de vente de pesticides. Aujourd’hui il y a un conflit d’intérêts structurel : les grandes coopératives fournissent aux agriculteurs les recommandations de leurs experts sur les traitements à appliquer et leur vendent en même temps les pesticides.

Avoir des cultures à toutes les saisons permet de concurrencer constamment les adventices. Avec les adventices, on fabrique de l’engrais vert. Les terres où on n’utilise plus de pesticides retrouve une vie microbienne riche, un bon cycle de l’azote, et elles accueillent de nombreux insectes.

Les agriculteurs en bio font un travail régulier du sol avec des outils pour le désherbage mécanique, et labourent une fois par an. Le bio implique trois fois plus de main d’œuvre en moyenne que le conventionnel.

Les produits bios sont vendus 30 % plus chers aux consommateurs.

L’agriculture bio a bénéficié d’aides publiques, mais l’aide au maintien est supprimée en 2018.

c) Il existe une « voie médiane »

Des paysans en agriculture conventionnelle se sont engagés dans le réseau DELPHY (1900 exploitations) à réduire l’utilisation de pesticides. Ils arrivent à limiter l’usage des insecticides et fongicides mais buttent sur les herbicides en hausse.

Les adventices poussent plus vite à cause des engrais et sont devenues plus résistantes du fait des herbicides. Ils utilisent encore le glyphosate.

d) les politiques européennes face à la ré-autorisation pour 5 ans du Glyphosate

La Commission Européenne a réautorisé le 27 novembre 2017 pour 5 années l’utilisation de l’herbicide controversé grâce au revirement de l’Allemagne qui a voté favorablement au dernier moment. Les expertises scientifiques sur la toxicité du Glyphosate sont divergentes.

Les agences européennes le considèrent non cancérogène à l’inverse du CRIC (Centre International de Recherche sur le Cancer) qui l’a classé cancérogène probable en mars 2015.

Des ONG européennes ont porté plainte en décembre 2017 contre les agences d’expertise européennes responsables de l’évaluation de la toxicité de l’herbicide.

Elles accusent les agences d’avoir violé l’article 11 du règlement régissant la mise sur le marché des pesticides en EUROPE, en manquant de procéder à une évaluation indépendante, objective et transparente du dossier.

Les experts européens auraient copié les conclusions de l’industriel MONSANTO qui estime que le Glyphosate n’est pas génotoxique, ni cancérigène, ni toxique pour la reproduction.

Les Eurodéputés ont annoncé au mois de janvier 2018 la création d’une Commission Spéciale chargée d’enquêter sur les modalités d’autorisation des pesticides en EUROPE.  Les révélations sur les « MONSANTO papers » ont contribué à la création de cette Commission d’enquête.

Ces documents internes à la firme MONSANTO ont dévoilé les stratégies de la société agrochimique pour faire pression sur le CIRC, peser sur les avis des agences sanitaire pour défendre le Glyphosate.

Ils ont montré que des toxicologues de la firme s’inquiétaient des risques liés à la substance et que des études rédigées par des scientifiques avaient été corédigées par des salariés de la firme.

a) les études scientifiques confirment les dégâts des néonicotinoïdes sur les abeilles.

Introduits dans les années 1990, les néonicotinoïdes sont suspectés de longue date d’être une cause déterminante dans le déclin mondial des abeilles domestiques, des pollinisateurs sauvages et indirectement des oiseaux.

Ces pesticides sont utilisés de manière préventive, en enrobage des semences : lorsque les plantes traitées poussent, tous les tissus (feuilles, tiges, pollen, nectar) s’imprègnent du toxique.

6 millions d’hectares sur 28 milliards en France sont traitées avec des néonicotinoïdes.

100 % des cultures colza est traité avec un néonicotinoïde, 99 % des betteraves, 33 % du maïs, 39 % des céréales à paille (blé, orge).

Deux nouvelles études, l’une canadienne, l’autre britannique publiées le 30 juillet 2017 dans la revue SCIENCE montrent une survie réduite des butineuses, une fertilité diminuée, et une mortalité hivernale augmentée des colonies d’abeilles exposées en conditions réelles à deux néonicotinoïdes, le thiaméthoxame, et le clothianidine.

100 % des colonies non exposées survivent, alors que ce n’est pas le cas de celles qui sont exposées.

Pour les pollinisateurs sauvages, les bourdons produisent moins de reines et les abeilles solitaires produisent moins de larves lorsque l’exposition aux néonicotinoïdes est élevée ; c’est aussi dû à l’imprégnation de l’environnement.

Les néonicotinoïdes contaminent fréquemment les fleurs sauvages.

Les chercheurs de l’équipe ECOBEE, en FRANCE retrouvent de l’imidaclopride partout, même lorsque les cultures n’ont pas été traitées avec cette molécule. Il contamine les sols et les cultures antérieures, est détectable dans les sols dix ans après son utilisation, ce qui est préoccupant pour les insectes pollinisateurs.

b) l’action des pouvoirs publics contre les néonicotinoïdes : des avancées et des reculs

En 2013, la Commission Européenne avait décidé un moratoire interdisant 3 des 5 néonicotinoïdes en usage.  

Une suppression définitive de l’ensemble de cette famille en EUROPE est à l’étude.

En FRANCE, la nouvelle loi pour la reconquête de la biodiversité adoptée le 20 Juillet 2016, prévoit de tous les bannir le 1er Septembre 2018, sur l’ensemble des terres agricoles, mais avec des dérogations possibles jusqu’en 2020.

Cependant, en septembre 2017, en FRANCE, l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Alimentaire, de l’Environnement et du Travail) a donné son accord pour l’autorisation d’un nouvel insecticide, le SULFOXAFLOR, autorisé en EUROPE depuis 2015, de la famille des néonicotinoïdes, mais pas classé comme tel par les industriels et les agences réglementaires en EUROPE.

Les apiculteurs dénoncent l’arrivée de ce nouveau néonicotinoïde. La récolte de miel n’atteint que 10 000 tonnes en 2017 soit 3 fois moins que dans les années 1990. Le Sulfoxaflor agit comme un néonicotinoïde, en se fixant sur les mêmes récepteurs du système nerveux des abeilles. DOW AGROSOCIENCE, le géant américain d’agrochimie, qui commercialise ce produit dans 43 pays, stipule qu’il n’a aucun impact négatif sur les abeilles ou les pollinisateurs.

Un nouveau néonicotinoïde est en phase d’études : le Flupyradifurone.

La Justice française a suspendu le 23 novembre 2017 l’autorisation de mise sur le marché des deux formulations commerciales à base de Sulfoxaflor, au nom du principe de précaution. La question est posée par le Tribunal de la gestion des homologations européennes des matières actives de pesticides qui sont accordées en l’absence de données essentielles sur la sécurité des produits.

4 – Les politiques Publiques face aux néonicotinoïdes, tueurs d’abeilles

Quelques espoirs concrets par le mode opératoire et les bonnes pratiques

Une technique de traitement est aujourd’hui en grande croissance au sein des agriculteurs qui souhaitent se libérer de la contrainte des produits phytosanitaires dangereux ; c’est l’IPM.

L’IPM EN PRATIQUE :

IPM – Prévention et/ou éradication des organismes nuisibles avec :

  • La rotation de cultures,
  • Les techniques de culture (par exemple : la technique ancienne du lit de semis, les dates et densités des semis, les sous-semis, la pratique aratoire conservative, la taille et le semis direct),
  • Les cultivars résistants/tolérants et des semences et plants normalisés/certifiés,
  • L’utilisation équilibrée de pratiques de fertilisation, de chaulage et d’irrigation/de drainage,
  • Des mesures d’hygiène, par exemple le nettoyage régulier des machines et de l’équipement, etc.
  • La protection et le renforcement des organismes utiles importants

IPM – Surveillance des organismes nuisibles par :

  • Des observations sur le terrain
  • Des systèmes d’alerte et de prévision, qui s’appuient sur des bases scientifiques solides
  • Des systèmes de diagnostic rapide
  • Des conseils émanant de conseillers professionnels qualifiés.
  • Mesures de gestion des produits phytopharmaceutiques en s’appuyant sur les résultats de la surveillance

IPM – Maintenir l’utilisation de pesticides et d’autres formes d’intervention aux niveaux nécessaires :

  • Par l’utilisation de doses réduites,
  • Par la réduction de la fréquence d’application ou par des applications partielles

EN TENANT COMPTE DU FAIT QUE le niveau de risque pour la végétation doit être acceptable et que ces interventions n’augmentent pas le risque de développement de résistances dans les populations d’organismes nuisibles

II 2 – AGIR POUR LA PROTECTION DES INSECTES : UNE NECESSITE VITALE POUR L’ENSEMBLE DES ECOSYSTEMES

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