POTAGER EN VILLE VOUS INVITE A MEDITER  « LA BIODIVERSITE DE NOTRE PLANETE EST EN DANGER »

A la suite des deux premiers thèmes BIODIVERSITE I & II traités précédemment et que vous trouvez sur notre site nous proposons de conclure avec le troisième volet consacré à

III – 1    AGIR POUR LA PROTECTION DES ESPECES VEGETALES : ENJEUX ET     MOYENS

III – 2    CONCLUSION : LA LUTTE CONTRE LA PERTE DE BIODIVERSITE, UN DEFI A     RELEVER 

BIODIVERSITE III

III 1 – AGIR POUR LA PROTECTION DES ESPECES VEGETALES : ENJEUX ET MOYENS

1)  La situation mondiale et en FRANCE

La difficile protection des forêts contre le commerce illégal du bois précieux

Prenons l’exemple au NIGERIA avec le kosso, ou bois de rose.



Un coupeur de Kosso au NIGERIA (Source ONG EIA)

Après avoir vidé les stocks de la GAMBIE, du SENEGAL, du TOGO, du BENIN, et d’autres pays d’AFRIQUE, des trafiquants chinois pillent au NIGERIA les ressources en kosso, l’arbre des savanes d’AFRIQUE de l’ouest pour alimenter l’industrie du meuble de luxe en CHINE en bois de rose.

Selon plusieurs ONG américaines, entre 2014 et 2017, 2800 arbres du Nigéria ont été embarqués vers la CHINE. Ces trafiquants auraient bénéficié de complicité jusqu’au sommet de l’état nigérian et se seraient enrichis grâce à ce commerce illégal. (« Kosso connection »)

La demande pour la CHINE a explosé à la fin des années 1990, le mobilier en kosso étant devenu un signe de réussite sociale pour les classes moyennes enrichies. Lorsque l’essence locale en CHINE s’est trouvée menacée, la course aux bois de rose hors frontière a commencé : en BIRMANIE, au LAOS, au VIETNAM, à MADAGASCAR où une espèce d’une grande beauté a été ravagée.

Ce commerce illégal a accentué la pauvreté au NIGERIA. Le kosso fournit du fourrage aux troupeaux pendant les saisons sèches. Les jeunes, pour gagner 2 dollars par jour, se sont détournés des activités agropastorales qui assurent la survie des communautés pour aller couper les arbres.

La Convention Internationale sur le commerce des espèces de faune et flore sauvages menacées d’extinction, CITES, depuis 2016 n’a pas permis de protéger le kosso. La Ministre de l’Ecologie du NIGERIA aurait signé illégalement 4000 permis CITES, permettant de sortir 10 000 conteneurs du NIGERIA.

Ces réseaux de corruption illustrent l’extrême danger des espèces végétales.

Autre exemple : le SENEGAL

Ici l’issue semble plus favorable ; pour enrayer le trafic de bois précieux à destination de la Chine, le gouvernement sénégalais a suspendu le 17 Janvier 2018 toutes les autorisations de coupe de bois et demandé la révision du code forestier.

Exemple de la forêt amazonienne :

En 2017, le Président brésilien a décidé d’abroger le statut de réserve naturelle d’une zone située dans les Etats du PARA et de l’AMAPA, dans le Nord du BRESIL. Quatre millions d’hectares de forêt amazonienne pourront désormais être exploités par des entreprises minières.

Les ONG dont le Fond Mondial pour la Nature (WWF) accusent le Gouvernement brésilien de brader la forêt amazonienne sous pression du puissant lobby de l’agrobusiness.

La NORVEGE, principal bailleur de fonds pour la protection de la forêt amazonienne a prévenu que ses paiements au BRESIL seraient divisés par deux du fait de l’accélération de la déforestation.

Exemple des forêts du CONGO :

La NORVEGE finance également le REDD (plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre liées à la déforestation et à la dégradation des forêts) pour les forêts d’AFRIQUE centrale. (CAFI)

La NORVEGE qui a promis à la République Démocratique du CONGO 200 millions de dollars pour protéger sa forêt n’a pas été satisfaite du plan « gestion durable » de 16 millions d’euros proposé par l’agence Française de développement : AFD.

Le projet de l’AFD était dénoncé par les ONG : le point le plus controversé du programme était la relance de l’exploitation industrielle des forêts dans le cadre de grandes concessions.

30 scientifiques ont demandé au Ministre de l’Environnement de rejeter le projet au nom de la protection de la plus grande tourbière identifiée à ce jour dans la zone tropicale.

Grande de 145000 km², cette tourbière stocke 30 milliards de tonnes de carbone, l’équivalent de vingt années des émissions des ETATS-UNIS liées aux énergies fossiles.

Source : Greenpeace.fr
Source : Greenpeace.fr

Exemple des forêts boréales du GRAND NORD :

Les forêts du GRAND NORD représentent un tiers de la surface forestière terrestre et jouent un rôle clé dans la protection de la biodiversité et du climat.

Pourtant, moins de 3 % de ces forêts sont protégées.

Le premier fabricant de mouchoirs et de papier toilette, ESSITY, qui possède les marques LOTUS, TEMPO et ZEWA s’approvisionne auprès de sociétés qui exploitent des forêts anciennes ou protégées en SUEDE, en FINLANDE, et en RUSSIE.

Source : « La Relève et la Peste » par Yannis LADGHEM

Ici nous voyons les effets dévastateurs d’un plan d’exploitation des forêts sans politique de replantage au profit des Multinationales comme NESTLE, PEPSICO, Mac DONALD’S et autres.

Exemple de la FRANCE   

La FRANCE fait office de région privilégiée par rapport aux zones du Monde.

La superficie des forêts progresse de 0,7 % par an, depuis 1980.

Aujourd’hui, la forêt en FRANCE métropolitaine couvre 16,9 millions d’hectares, soit près d’un tiers du territoire national (31%).

La forêt française constitue l’occupation du sol la plus importante, après l’agriculture qui couvre plus de la moitié de la FRANCE

Toutefois, malgré cet aspect favorable, en Métropole, chaque année entre 2006 et 2014, 67000 hectares ont été détruits par artificialisation.

Les prairies, pelouses et pâturages naturels perdent 50 000 ha entre 1990 et 2012.

En outre-mer, 314 ha ont été artificialisés entre 2000 et 2012 ; 783 ha pour la forêt.

Des espèces envahissantes comme l’ambroisie progressent à un rythme d’au moins 6 espèces supplémentaires par département tous les 10 ans sur les 30 dernières années.

60 des 100 espèces considérées comme les plus envahissantes sont déjà présentes dans en Outre-Mer français, malgré la taille extrêmement réduite de ces territoires.

Les végétaux exogènes ont des impacts négatifs sur la biodiversité locale : modifications importantes des fonctions écologiques, invasions biologiques comme la Renouée du Japon et la Jussie, aux conséquences catastrophiques pour les écosystèmes locaux.

Renouée du JAPON : Revue les Espaces Naturels
La Jussie : Source Lelivrescolaire.fr

2- Les actions pour préserver la Biodiversité des végétaux

Les réponses relèvent à la fois des politiques publiques, des mesures réglementaires, des outils incitatifs, du financement de programmes de recherche et des initiatives privées.

Les Etats délimitent des Aires Protégées où les activités humaines sont fortement réglementées et restreintes, pour assurer la conservation d’écosystèmes, d’espèces ou ressources génétiques reconnus pour leur valeur écologique ou patrimoniale.

Ces aires protégées sont les zones centrales des Parcs Nationaux, les Réserves Naturelles, les Réserves biologiques ; elles sont définies par les Arrêtés de protection du Biotope et les définitions des Unités Conservatoires (identifiées pour la protection des ressources génétiques forestières)

En France, en 2016, 1,77 % des surfaces forestières en métropole étaient protégées. 1,53% des forêts sont classées en îlots de vieux bois dans les forêts publiques.

94 Unités Conservatoires en 2017 sont créées pour protéger 7 espèces d’arbres.  

Les politiques consistent à inciter les forestiers à pratiquer une gestion plus attentive vis à vis de la biodiversité : outils incitatifs, formation, sensibilisation, charte NATURA 2000, chartes forestières de Territoires, label de Gestion Durable.

Dans le cadre du plan stratégique pour la biodiversité 2011-2020, défini au plan Mondial par la Convention sur la Diversité Biologique, les Etats signataires se sont engagés à restaurer au moins 15 % des écosystèmes dégradés d’ici 2020 à titre patrimonial.

Ainsi, ils assurent des services pour la société : filtration de l’eau, lutte contre l’érosion, protection contre les risques naturels, etc.

Parmi les politiques volontaristes : la trame VERTE ET BLEUE a pour but de préserver et remettre en bon état des continuités écologiques.

Exemple de SATHONAY : http://blogs.grandlyon.com/developpementdurable

La séquence ERC, EVIER, REDUIRE, COMPENSER, a pour but d’éviter, de réduire, puis de compenser les impacts écologiques de projets d’aménagement.

Source : Agence régionale de l’environnement de Normandie

Introduits par la loi « Biodiversité » de 2016, les sites ERC visent à améliorer la mise en œuvre et l’effectivité de la compensation écologique par les acteurs de la séquence.

Fondés sur une expérimentation en cours depuis 10 ans, ils permettent l’anticipation et la mutualisation des mesures de compensation. Ils constituent ainsi un nouvel enjeu pour les territoires en matière de planification.

Leur appropriation et leur déploiement par les acteurs sont primordiaux pour atteindre l’ambition visée : l’absence de perte nette de biodiversité.

Les acteurs du génie écologique et de l’aménagement du territoire cherchent à privilégier l’emploi de végétaux indigènes pour leurs projets.

L’emploi de génotypes non locaux d’espèces indigènes pose aussi des problèmes : soit elles sont mal adaptées au site d’implantation ou bien elles s’hybrident aux populations naturelles et prennent le pas sur les génotypes locaux. Ces hybridations sont susceptibles d’affaiblir la diversité génétique et entraîner une moindre capacité d’adaptation aux changements environnementaux, une plus faible résistance aux pathogènes et une baisse de production végétale.

III 2 –  CONCLUSION : LA LUTTE CONTRE LA PERTE DE BIODIVERSITE, UN DEFI A RELEVER 

1) Dans le MONDE

La sixième extinction de masse des êtres vivants s’accélère.

Tous les Continents sont touchés par cette érosion spectaculaire de la biodiversité.

Nous ne disposons que d’une petite fenêtre pour agir : 2 ou 3 décennies au maximum.

Il en va de la survie de la biodiversité mais également de l’avenir de l’Humanité.

L’érosion des espèces entraîne de graves conséquences en cascades sur l’ensemble des écosystèmes, ainsi que des impacts économiques et sociaux pour l’humain. La faune et la flore nous rendent de nombreux services : la pollinisation, l’amélioration de la productivité des terres, l’assainissement de l’air et de l’eau et le stockage de CO2.

Parmi les actions prioritaires, les scientifiques appellent à réduire la croissance de la population humaine et sa consommation, à utiliser des technologies moins destructrices pour l’environnement, à endiguer le commerce des espèces en voie de disparition, à aider les pays en voie de développement à maintenir les habitats naturels et à protéger leur biodiversité.

Les Espaces Protégés et les replantations d’arbres sont des solutions à la préservation de la biodiversité.

Le Sommet européen de GÖTEBORG en 2001, dans l’accord sur « Une EUROPE Durable pour un Monde meilleur » s’est fixé un objectif plus strict : arrêter le déclin de la biodiversité en EUROPE.

Le Programme des NATIONS UNIES pour l’Environnement a annoncé le 12 novembre 2008 la création d’un Groupe Intergouvernemental d’experts sur la Biodiversité sur le modèle du GIEC qui, lui, s’occupe du climat.

Une mesure concrète de la Biodiversité apparaît avec la relation entre le nombre d’espèces et la taille des organismes.

Selon les Scientifiques mondiaux, il ne peut y avoir de mesure unique objective de la biodiversité, mais uniquement des mesures relatives à des tendances ou objectifs précis d’utilisation ou d’application.

 

On devrait parler donc plutôt d’indices de Biodiversité plus que de véritables indicateurs. Ils commencent à être relevés à l’échelle mondiale, par des Observatoires de la Biodiversité, dans le cadre notamment de l’IMOSEB.

Les biologistes accordent une importance croissante à la diversité génétique et à la circulation des gènes. L’avenir étant inconnu, nul ne peut savoir quels gènes seront les plus importants pour l’évolution.

Il y a donc consensus sur le fait conserver la biodiversité en assurant la sauvegarde du plus large patrimoine génétique possible sur des habitats suffisamment représentatifs et interconnectés pour que les échanges de gènes restent possibles.

Perspectives pour une bonne gouvernance de la Biodiversité : L’ONU a mis en place :

– La FAO pour répondre aux questions d’agriculture et d’élevage

– L’OMS pour les questions de santé, mais il n’y a pas d’Agence mondiale pour la Biodiversité.

Une démarche consultative de 2006 à 2008 a défini les contours d’un organisme scientifique de type IPCC sur le thème de la biodiversité, en s’appuyant sur une série d’études et de consultations comme le recommandations d’un groupe de travail international, le LEIPZIG Workshop, sur les interfaces entre la Science et les Décideurs pour une bonne Gouvernance de la Biodiversité : International Science-Policy Interfaces for Biodiversity Gouvernance .

La création d’une Agence mondiale de l’Environnement est une suite logique du Processus IMOSEB et de la Stratégie de poursuite de l’Évaluation des écosystèmes pour le millénaire.

Enfin, l’initiative IPBES, Intergovernmental Science Policy Platform on Biodiveristy and Ecosystem Services, a été lancée par l’UNEP pour l’établissement d’un tel mécanisme d’interface sur la Biodiversité.

2) En FRANCE

Les Espaces Protégés, ou Espaces Naturels sont introduits par le Code de l’Environnement, il en existe plus de 160 en FRANCE.

C’est une zone de notre Territoire classé par Décret, à l’intérieur de laquelle la faune, la flore et le milieu naturel en général sont protégés des activités humaines.

Les objectifs sont de préserver les espèces vivantes animales, végétales, les minéraux, les fossiles.

Ce sont aussi des zones où on peut programmer des missions de recherche et des expérimentations pratiques.

C’est un moyen simple et efficace pour préserver la Biodiversité.

Il existe des Parcs Nationaux, des Réserves Naturelles, des Parcs Marins, des réverses biologiques, des sites inscrits et classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Comme développé précédemment, le Programme NATURA 2000 créé en 1992, répertorie 1749 sites dignes d’intérêt pour la conservation de la Biodiversité.

L’observatoire National de la Biodiversité, dans son bilan 2017, en France résume les 5 grandes causes considérées comme responsables de l’érosion de la Biodiversité :

1 – La destruction, la dégradation ou la banalisation des milieux naturels.

2 – La progression des espèces exotiques envahissantes

3 – Les pollutions sont combattues ; ainsi, la pollution des cours d’eau par les nutriments est en baisse entre 1998 et 2014 :

    – 49 % pour les ortho phosphates

         – 69 % pour l’ammonium

         – 49 % pour les matières organiques

    – Mais seulement -7 % pour les nitrates.

Sur la période 2008-2014, la pollution des cours d’eau par les pesticides baisse de 10 % en métropole et de 18 % dans les Départements d’Outre-Mer.

La consommation de produits phytosanitaires augmente.  

Le volume de sédiments dragués dans les ports maritimes a progressé de +14 % entre 2006 et 2015.

4 – La pression démographique sur le littoral métropolitain : elle est de 630 h au km² contre 152 pour le reste du Territoire français, en hausse de 6 personnes par km² depuis 2008.

5 – Le changement climatique : Le gel régresse de -2,5 jours par an en Métropole, par décennie sur la période 1961-2010

Les glaciers métropolitains qui conditionnent les conditions climatiques des écosystèmes montagnards régressent de -18,8 mètres d’eau entre 2001 et 2013.

La date des vendanges a avancé de 18 jours en 38 ans.

Les initiatives pour la préservation s’intensifient en France :

La Société française et les Acteurs réagissent. L’effort financier national pour la Biodiversité s’élève en 2014 à plus de 2 milliards d’euros.

L’aide Publique au Développement à l’International pour la Biodiversité atteint 107 millions en 2006 et 364 millions en 2016 !

L’amélioration de la connaissance est clairement identifiée comme un enjeu majeur pour permettre une action efficace.

L’agence Française pour la Biodiversité soutient 47 Collectivités dans leur démarche d’Atlas de la biodiversité communale, dont celle de VALENCE-ROMANS-AGGLO.

Cet « ABC » permet à une Collectivité Locale de connaître, préserver et valoriser son patrimoine naturel.

L’objectif est d’identifier les enjeux de Biodiversité du Territoire et d’aider la Collectivité à agir en les intégrant dans ses actions et stratégies.

 

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