LE MONDE AGRICOLE DU XXI° SIÈCLE

POTAGER EN VILLE VOUS INVITE A ANTICIPER

La première ferme flottante au Monde sera construite dans le port de ROTTERDAM.

Un troupeau de Montbéliardes (bien françaises à l’origine !) va alors disposer d’une plateforme de 1 000 m² sur l’eau.

Cette ferme d’un nouveau genre, qui ouvrira dans quelques mois dans le port de ROTTERDAM, confirme le succès grandissant de l’Agriculture Urbaine et de l’Economie Circulaire.

Elle produira, en effet, sa propre énergie, ses fourrages pour nourrir les vaches et fabriquera sur place des yaourts et des fromages

Au mois d’août 2018, une drôle de plateforme a fait son apparition dans le port de ROTTERDAM aux PAYS-BAS. Au milieu des conteneurs et des cargos, la première ferme flottante du monde s’apprête à voir le jour très prochainement. Imaginée par l’entreprise immobilière néerlandaise BELADON, elle accueillera 40 vaches laitières de race Montbéliarde qui produiront 800 litres de lait par jour.

Peter van WINGERDEN, un ingénieur de BELADON, a eu l’idée de ce concept lors d’un séjour à NEW YORK en 2012, après le passage de l’ouragan SANDY.

« Les transports étaient complètement bloqués par les inondations et, au bout de deux jours, on ne trouvait plus aucun produit frais dans les magasins », rapporte l’ingénieur. « Je me suis dit : pourquoi ne pas produire la nourriture directement sur place sur une plateforme flottante résiliente aux aléas climatiques ? »

Les travaux débutent dès la fin de l’année 2018 / début 2018. Une ferme flottante de 1 000 m2 sur deux étages va être construite dans le port de ROTTERDAM aux PAYS-BAS.

Elle accueillera une quarantaine de Montbéliardes sous un toit recouvert de panneaux solaires.

L’alimentation sera assurée par des robots, les déjections seront collectées et réintégrées pour la production de fourrage. La traite sera assurée par un robot.

Les différentes parties du sous-sol de la plateforme seront consacrées à : la production d’herbe en hors sol, la production laitière, la purification de l’eau, la gestion des déjections, et enfin aux visiteurs. Pour gérer cette exploitation, deux jeunes éleveurs ont d’ores et déjà été recrutés.

En espérant que les vaches ne souffriront pas du mal de mer, celles-ci pourront tout de même se rendre sur la terre ferme pour pâturer. L’objectif est, à terme, de fabriquer du fromage, de la crème et des yogourts qui seront vendus dans le magasin de l’exploitation.

Une aubaine pour les habitants de ROTTERDAM qui pourront venir chercher leurs produits directement à la ferme en plein centre-ville !

Les vaches profitent du premier étage de la ferme flottante, entourées de végétation et nourries par de l’herbe cultivée sur place.

 

L’agriculture pénètre en ville

L’agriculture Urbaine est une idée soutenue par POTAGER EN VILLE et qui s’affirme par la raison et par la recherche d’une nourriture saine de proximité .

Souvenez-vous ce nous avons expliqué durant les 48 heures de l’Agriculture Urbaine en 2018 : d’ici 2050, 70 % de la population mondiale vivra en ville, contre 55 % aujourd’hui.

Les Municipalités tentent donc de rapprocher les lieux de production du consommateur afin de réduire le transport et la pollution. LA HAYE, aux PAYS-BAS, dispose déjà de la plus grande ferme urbaine d’Europe, avec ses 1.200 m² de concombres, tomates ou aubergines et son bassin de 370 m² de poissons.

Elle sera bientôt dépassée par le projet de la start-up CULTIVATE, qui ouvrira en 2019 une ferme urbaine de 7.000 m² dans  le 18e arrondissement de PARIS.

La start-up AGRICOOL, basée à La COURNEUVE (SEINE-SAINT-DENIS) expérimente, elle, la culture de fraises en conteneur.

À BRUXELLES, la Région ambitionne de produire localement 30 % des fruits et légumes consommés par ses habitants d’ici à 2035 ; la FAO encourage officiellement ce mode de production.

Mais voilà, les villes manquent de plus en plus de place pour ces projets qui mobilisent des surfaces relativement importantes. D’autre part, l’élevage d’animaux en pleine ville se heurte aux résistances des riverains qui craignent les nuisances sonores et olfactives.

En 2009, un projet d’élevage de 400 porcs au centre-ville de LA HAYE avait ainsi été retoqué devant l’opposition des habitants. La municipalité de Rotterdam a finalement été convaincue par les garanties DE BELADON du point de vue écologique. 

La race Montbéliarde est réputée pour sa productivité et sa résistance aux maladies, un point essentiel pour réduire au maximum l’usage de produits vétérinaires.

Recyclage du fumier et de l’eau de pluie

 

La ferme s’inscrira pleinement dans l’économie circulaire et locale. « 80 % de la nourriture des vaches proviendra de déchets industriels de la ville », assure Albert BOERSEN, le futur directeur de la ferme. Les animaux seront notamment alimentés avec la pelouse tondue des stades et des terrains de golf, les pelures de pommes de terre des restaurants environnants ou les sous-produits des brasseries locales. Le reste de la nourriture sera produit sur place dans une serre high-tech au premier niveau.

On y fera notamment pousser des lentilles d’eau, à croissance rapide et riches en protéines, ainsi que d’autres fourrages (trèfles, herbe et luzerne).

En face, un atelier se chargera du conditionnement et de la transformation du lait : la ferme fabriquera ainsi ses propres yaourts et fromages qui seront vendus dans les commerces du quartier.

La ferme flottante vise également l’autonomie énergétique. Une unité de production d’hydrogène par électrolyse sera alimentée par des panneaux solaires tout autour du toit.

Le fumier des vaches sera recyclé comme fertilisant et l’eau de pluie récupérée.

Tout ou presque sera automatisé : des mini wagons apporteront la nourriture aux vaches, dont la traite sera assurée par des robots. À peine trois personnes seront nécessaires pour gérer l’ensemble.

On peut quand même se demander si les vaches apprécieront cet environnement inhabituel.

Outre les mouvements de la plateforme, elles ne verront jamais le moindre brin d’herbe d’une véritable prairie et pas sûr que la vue sur la baie et l’arrivée des cargos suffisent à leur bien-être. BELADON est, lui, confiant dans son concept. Après les vaches, il compte lancer une basse-cour flottante pour l’élevage de poulets.

La ferme flottante fonctionne en économie circulaire, où le fumier sera réutilisé comme fertilisant pour les cultures.




Laisser un commentaire