L’équipe de Potager en Ville a confectionné en Avril 2019 un potager-composteur-autonome sur la base de la technique du wicking bed, jardinière autonome et autosuffisante.

C’est un bac comprenant tous les éléments dont les plantes ont besoin pour vivre. C’est un système de culture en jardinière (éventuellement mobile, on peut le mettre sur roues), donc «hors-sol», et pouvant être autosuffisant en nutriments et en eau, arrosage inutile surtout si on compète avec une technique de paillage du sol et de permaculture. Idéal pour avoir une jardinière à hauteur sans avoir à se baisser et qui nécessite très peu d’espace pour un rendement tout à fait intéressant!

 

Le 1er objectif de ce projet a été de construire un démonstrateur grandeur réelle pour le pr2senter aux visiteurs des 48h de l’agriculture urbaine 2019 le 4 Mai au parc de l’éco vallée et de montrer tous les bienfaits de l’agriculture urbaine à travers ce concept.

Le wicking bed est une technique de culture assez simple qui permet de cultiver chez soi, de la cueillette à l’assiette, en circuit ultra-court,  mais aussi de l’assiette à la cueillette en alimentant de bio-déchets des lombrics gourmands, heureux de se retrouver dans un milieu obscur à l’humidité parfaite. Il s’agit de reconstituer artificiellement en low tech un sol vivant. Au fond de la jardinière on trouve  la  couche minérale de gravier et une réserve d’eau. Cette couche est couverte par du géotextile un tissu qui permet d’ isoler le gravier et l’eau du terreau et du fumier donc de la couche organique qui est apposée dessus. En introduisant dans la jardinière des vers de compost on assure la régénération permanente du sol comme dans les sols vivants et la possibilité de produire du ‘thé’ ou engrais verts utilisable pour d’autres plantes tout en faisant de l’économie ultra-circulaire en traitant nos déchets organiques à la maison.

L’atelier a rencontré un vaste succès, de nombreux curieux et un reportage sur Azur TV.

Le 2ème objectif a été d’installer ce bac pilote en test pour nous permettre de faire régulièrement des retour d’expérience, les avantages et les inconvénients éventuels ou attentions particulières et d’améliorer la technique.

Le 3eme objectif est de donner envie aux citadins pressés qui ont peu d’espace ou aux employés d’entreprise, d’utiliser cette technique très complète et résiliente sur leur balcons et terrasses ou comme la nouvelle machine à café où l’on regarde pousser les plantes et l’on cherche inspiration et bien être tout en respirant les arômes variés. Si vous êtes intéressés n’hésitez pas à nous contacter.

 

En préambule, la portance de la surface

Avant de commencer un projet de jardinière en immeuble, il est important de se préoccuper de la portance du sol sur lequel on va l’installer et dans le doute d’en référer à un professionnel du bâtiment.

Le limite citée est souvent de 250kg/m2 mais peut-être inférieure dans les bâtiments anciens et supérieure pour les plus récents, on peut aussi se référer à la norme Eurocode 1 qui mentionne un maximum de 350 kg/m2. Les balcons sont beaucoup plus fragiles que les loggias.

Chaque toit, terrasse, balcon a une portance donc un poids maximum autorisé par m2 et les lois ont changé selon la date de construction.

Une portance de 400kg /m2 peut accueillir un bac de 50 à 60 cm de profondeur de terre.

Une portance de 140 à 160 kg peut accueillir une profondeur de 15 à 20 cm pour éviter les risques de surcharge.

C’est pourquoi tout au long des explications nous vous donnerons des indications de poids.

Cette jardinière d’1m de long et 30cm de profondeur une fois remplie pèsera 120Kg donc sera a priori compatible avec n’importe quel balcon, terrasse ou toit.

Il faut savoir que la terre mouillée pèse environ 1,7 kg par litre.

On peut donc adapter et concevoir ces jardinières en les faisant moins longues et moins profondes et les mettre contre le mur plutôt qu’au bord.

Etape 1: fabrication du wicking bed

Taille de la jardinière pour le futur wicking bed 105 cm de long sur 45 cm de large et 28 cm de hauteur – Poids 25kg – Les pieds sont de 90 cm.

Nous avons choisi de privilégier le bois recyclé pour la fabrication du bac pour des raisons à la fois écologiques mais aussi esthétiques, mais on peut aussi concevoir un wicking bed en récupérant un contenant étanche en métal ou plastique ou en adaptant une jardinière existante en béton ou autre matériaux.

Matériaux de recyclage : palettes non traitées , baguettes provenant de chutes aluminium que nous recouvrirons de peinture noire.

Etape 2 : installation du liner

Le liner est un revêtement isolant pour éviter les infiltrations d’eau. Il est souvent utilisé pour les piscines. Il a une épaisseur variant de 0,45 à 1,5 mm. Les fabricants s’expriment généralement en 100ème. Ainsi on parle par exemple de liner 45/100 pour 0.45 mm et de 150/100 pour 1.5 mm.C’est une membrane en PVC. Nous sommes à la recherche d’alternative qui éviteraient l’utilisation du PVC ou du polyester. Ceci dit le PVC est préparé à partir de deux matières premières : à 57 % de sel de mer (NaCl) et à 43 % de pétrole ; c’est la seule matière plastique constituée par plus de 50 % de matière première d’origine minérale.

Il est important que le liner soit épais car le gravier risque de le percer ce qui pourrait entraîner des fuites dans la jardinière et rendre tout le système caduque.

Etape 3 : pose d'une crépine pour le trop plein et des tuyaux d'alimentation en eau

Choix d’une crépine de 9cm pour le trop plein et mis en place des tuyaux en PVC de remplissage et de distribution de l’eau qu’il faut ne faut pas hésiter à trouer tout le long du bac comme montré sur la photo ci contre pour faciliter le drainage de l’eau une fois les graviers posés dessus.

 

Etape 4 : installation de la strate minérale

Remplissage de 25kg de graviers en calcaire ou des cailloux ou galets de type diorite non compactant jusqu’à hauteur du trop plein qui feront office de substrat drainant et mise en place de 4  bols de billes d’argile qui assureront l’humidité ambiante dans la jardinière et la rendront encore plus résiliente . Option : pose d’un robinet à hauteur de la réserve d’eau pour récupérer facilement le thé du compost que les vers fabriqueront au fur et à mesure.

Il faut un tuyau de 32 pour l’arrivée d’eau et un autre de 50 pour l’alimentation en eau au fond du bac sur toute sa longueur. Il faut un coude de 32/50 pour relier les deux tuyaux entre eux.

Etape 5 : pose du géotextile

Feutre géotextile de 2m*1m d’au moins 200g/m2 qui évite aux différentes couches de se mélanger et limite le perçage par les racines des plantes annuelles puis remplissage de 30l d’eau soit 30Kg.

Il s’agit d’une trame en matière synthétique essentiellement du polypropylène aussi connue sous le nom de Bidim dans le Btp. Elle a la propriété de laisser passer l’eau.

Elle est également appelée « anticontaminant ». Elle évite la pousse de mauvaises herbes. Elle est extrêmement résistante et permet de stabiliser la surface couverte en répartissant le poids.

 

Etape 6 : la strate organique

Remplissage avec de la terre végétale, du terreau de plantation et du fumier environ 100l soit 30kg posés sur le tissu géotextile – Noter la présence du robinet pour la production d’engrais vert une fois le vermicompost mis en place. La strate organique peut être constituée comme une butte de permaculture et peut être très sophistiquée.

Etape 7 : installation des vers de compost

sont déposés dans la terre des vers et autres cloportes de toutes les tailles avec leur milieu naturel de sorte qu’ils ne se sentent pas trop dépaysés, typiquement leur milieu de compost.

 

Le ver à fumier l’eisenia foetidia (ver tigré) et son proche parent l’eisenia andrei (ver rouge de Californie) sont géniaux ! Ils sont de formidables décomposeurs de matière organique et peuvent être une grande aide pour nous au quotidien. Ils sont différents du lombric du jardin.
On élève donc ces vers pour les services qu’ils peuvent nous rendre. Ils mangent d’une à deux fois leur poids par jour et se reproduisent aussi très facilement jusqu’à 500 descendants par an.

Pour avoir un sol fertile et vivant, il faut prévoir 2 petites cheminées colonnes de compostage bien fermées où mettre les épluchures, les coquilles d’oeuf, du marc de café et du carton. Ce seront des mini-composts dans lesquels on pourra introduire les vers pour faire du vermicompost ou lombricompost. Le sol ne va pas s’épuiser car le compost va venir l’enrichir et les vers feront le travail! Il sera regénéré en permanence ce qui alimentera les plantes selon leurs besoins sans engrais.

Etape 8 : fabrication de la cheminée de compost

Fabrication de la cheminée de compost
Montage en poupées russes

Faire des trous dans le pots à la base de la cheminée qui s’empile du plus petit au plus grand; La taille dépend de la quantité de déchets produites et peut être variée au cours du temps et au fur et à mesure de la décomposition des déchets.

Etape 9: plantations en permaculture

la  permaculture permet de cultiver des tomates et de petits poivrons mélangés à du basilic, du persil, des capucines et des œillets qui vont se protéger les unes et les autres et enrichir leurs gouts respectifs. Ces associations vont créer un écosystème de biodiversité résilient.

Voilà! La jardinière est prête à fonctionner en toute autonomie et autosuffisante puisque nous n’aurons ni besoin de l’arroser, ni besoin d’y mettre des engrais même naturels.

Elle pèse une fois remplie moins de 120kg. On peut donc l’installer en terrasse. Elle ne nécessite quasiment aucun entretien à part s’assurer qu’il reste de l’eau dans la réserve. L’idéal pour des urbains toujours pressés et occupés! Un des plus grand plaisirs est de pouvoir jardiner debout. On peut aussi mettre ses outils et pots sur les bords concus à cet effet c’est très pratique!

On peut prévoir des zones de rangement sous le wicking bed! On peut partir tranquille en vacances, les vers sont au travail.

La terre doit être recouverte. Le paillage a une action désherbante. Il permet d’éviter l’évaporation de l’eau et de conserver l’humidité. Pour permettre aux plantes de mieux se développer, le paillis est une solution efficace et respectueuse de l’environnement. Particulièrement avantageux, le paillage au chanvre est une solution qui permet de préserver le sol tout en favorisant les cultures.

 

Vous obtenez ainsi un potager composteur planté en permaculture qui produira de nombreux légumes gouteux , bio et sains sans intrants, sans résidus de pesticides dont vous contrôlez la chaine de bout en bout.

Option 1 pour l'hiver

En option : En hiver , vous pouvez imaginer de protéger vos plantes en rajoutant une serre par dessus le wicking bed avec des arceaux qui s’insèrent dans les palettes.

 

Option 2 construction en série

En option les wicking bed peuvent se construire en série et se raccorder à un récupérateur d’eau de pluie. On peut aussi en faire un objet connecté pour être averti par une application sur smart phone quand le réservoir d’eau se vide  ou quand les plantes nécessitent une attention particulière avant qu’il ne soit trop tard.

Avantages

  • Permet de mettre en place une culture rapidement n’importe où (contexte urbain, sols incultes…).
  • Nécessite peu d’espace.
  • Nécessite très peu d’intervention, juste une surveillance de routine
  • Réduit presque complètement les interventions liées à l’arrosage.
  • Réduit la corvée de l’eau (charges lourdes) ou la supprime complètement avec la mise en place d’un système adéquat.
  • Supprime les problèmes liés à l’arrosage intensif, cela est souvent le cas dans un jardin partagé à cause d’une mauvaise communication entre les participants, ou simplement par peur que les plantes manquent d’eau.
  • Le sol est toujours bien drainé, même en cas de fortes pluies.
  • Travail ergonomique grâce à la hauteur du bac.
  • Adapté à toutes les générations et handicaps : enfants, adultes, personnes âgées et personnes à mobilité réduite.
  • Évite la minéralisation de la terre provoquée par l’évaporation de l’eau. En effet, dans le cas d’un arrosage classique (par le haut), si votre eau est dure, lors de son évaporation les sels minéraux restent en surfaces et s’accumulent avec le temps.
  • L’eau se trouvant en fond de bac et remontant par capillarité, permets aux plantes de développer des racines profondes.
  • Étant surélevés, les wicking beds, se réchauffent plus vite au printemps.
  • Supprime les problèmes habituels d’assèchement plus rapide des plates-bandes surélevées

Inconvénients

  • Les bacs autonomes sont un peu plus chers qu’une culture en pleine terre bien entretenue.
  • Nécessitent un investissement en temps pour les concevoir et les réaliser.
  • Étant surélevés, les wicking beds, se refroidissent plus vite en automne

Laisser un commentaire