Une vidéo de 10min pour comprendre les solutions proposées par l’architecte Vincent Callebaut auteur du livre Paris 2050, les cités fertiles face aux enjeux du XXIe siècle, pour faire évoluer la ville vers la 3ème ère d’urbanisation mondiale et lutter contre les canicules urbaines.

https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/climat-la-vegetalisation-3eme-ere-de-l-urbanisation-mondiale-selon-un-architecte-7797931615

Voici le contenu de la vidéo.

Vincent Callebaut cite le philosophe français Gilles Deleuze : “Nous avons besoin d’une éthique ou d’une foi, ce qui fait rire les idiots; ce n’est pas un besoin de croire à autre chose, mais un besoin de croire à ce monde-ci, dont les idiots font partie.” et se réfère aux attentes des Millennials appelée aussi génération Y  qui demandent à leurs parents et grands parents pourquoi ils ont organisé l’obsolescence programmée de la planète et pourquoi on consomme 2.5 fois ce que la planète peut produire en Europe par exemple. ( si on prends le Luxembourg c’est 5 planètes!)

Vincent Callebaut y répond en proposant un modèle de ville post-carbone, post-fossile, post-nucléaire, post-insecticides, … en retissant la symbiose avec l’environnement et la nature en ville. Le patrimoine de demain se construit aujourd’hui.

Qu’est ce que l’architecture végétalisée ? Paris est une des ville les plus belles du monde mais aussi une des villes les plus minérales, une ville imperméable et fragile aux canicules et aux fortes crues. La végétalisation du bâti permet d’augmenter l’inertie des bâtiments : absorber l’eau pluviale, permet par l’évapotranspiration des plantes de diminuer de 3 à 5 degrés la température ambiante de la ville et non un simple effet esthétique d’embellissement.

La 3ème ère de l’urbanisation mondiale c’est quoi ? on a construit la ville sur la nature puis on a construit la ville sur la ville en la densifiant, aujourd’hui on rapatrie la nature au cœur de la cité. Le XXeme siècle a été principalement basé sur le carbone, le charbon, le béton et l’acier. Le XXIeme siècle sera biologique et doit réintégrer les écosystèmes au cœur de la ville. C’est ce que l’on appelle l’architecture et l’urbanisme bio-mimétique qui ne propose pas un modèle énergivore basé sur l’importation de matière première et de ressources naturelles, les pollutions et les déchets mais sur une économie circulaire pour que le vivant puisse lutter contre le dérèglement climatique.

Sommes-nous en retard en France ? Nous avons une vision très proactive pour construire des bâtiments à énergie positive, des territoires ou les bâtiments puisse échanger en temps réel les énergies qu’ils produisent et pour venir intégrer l’agriculture urbaine qui n’est pas du tout cosmétique mais qui permet de ramener les lieux de productions alimentaires au plus près de la consommation, donc de consommer moins et de polluer moins.

Louis Bodin présentateur météo de TF1 présente le béton comme une des causes de la canicule car le béton garde la chaleur et la fait remonter. Or aujourd’hui il y a ds bétons ultra performants, des bétons pré-contraints. La ville minérale est en effet très sujette aux phénomènes des ilôts de chaleur urbains. A Paris, la nuit on a entre 7 et 10 degrés supplémentaires qu’à la campagne avoisinante car par exemple rue de Rivoli, à Paris, tous les bâtiments haussmanniens captent la chaleur et la restituent la nuit. Le projet Paris 2050, demande de la mairie de Paris, il est proposé de construire des forêts verticales au dessus de ces bâtiments sur un bouclier photovoltaïque et thermique le long de la course du soleil, recouverts des plus grands cépages des vignobles français pour favoriser l’évapotranspiration.

Vincent Callebaut voulait être architecte de jardin ou horticulteur avant finalement de s’orienter vers les bâtiments. Il fait partie de cette nouvelle génération qui a été sensibilisée au dérèglement climatique par Al Gore ou Nicolas Hulot qui veut passer à l’action et ne pas rester sur le constat de la COP21. Aujourd’hui on sait que grâce à tous les nouveaux matériaux biosourcés (issus de la biomasse végétale ou animale) grâce aux énergies renouvelables, grâce aux systèmes passifs, à la géothermie, grâce à la végétalisation, en multipliant les effectifs par exemple avec des ingénieurs agronomes on arrive à apporter des solutions optimistes pour construire la ville de demain.

Est-ce que ça coute cher ? En a-t-on les moyens ? construire un bâtiment smart et green ne coute pas plus cher qu’un bâtiment traditionnel inerte qui est obligé d’être raccordé à un réseau centralisé. En fait il suffit de changer l’échelle du temps. Plutôt que de partir sur une économie court-termiste, il faut penser à moyen terme. Il faut ferme en sorte que le plus-value initiale pour intégrer la végétalisation du bâti et les énergies renouvelables soient calculées dans les économies d’exploitation. Si un bâtiment est complètement autonome en énergie, en 10 ans, il peut payer la plus-value initiale et après 10 ans il est en cash-flow positif puisqu’il produit lui même l’énergie dont il a besoin.

Est-ce que le boulevard périphérique doit disparaître ? OUI. Dans le Paris 2050 on a étudié comment on pouvait construire des fermes urbaines à chaque porte de Paris. On a calculé que l’on pouvait produire jusqu’à 25% des fruits et légumes biologiques grâce à la permaculture et l’aquaponie distribuée en circuit court. On pourrait donc imaginer que le périphérique deviennent le 21eme arrondissement de Paris, un boulevard dédié aux énergies renouvelables et à la végétalisation qui viendrait cicatriser cette plaie béante des années 60 entre le Paris historique et le grand Paris de demain.

Remplacer cette plaie béante qui draine des millions d’emplois quotidiens est-ce réaliste ? durant les années 60 on a mono-fonctionnalisé la ville. On a fait un Paris intra-muros sous cloche, muséifié, gentrifié, on a construit La Défense, mono-fonctionnel de bureau, on a construit des quartiers dortoirs. On a fait de même en agriculture. On avait les légumineuses sur le champs de gauche, les céréales sur le champs de droite, les arbres fruitiers au fond. On est donc dépendant de la voiture et dépendant des produits phytosanitaires. Si on rapproche le lieu de vie du lieu de travail, on peut finalement rapatrier l’esprit de village dans la ville en disant il faut devenir plus sédentaire.

Tout cela a une raison, il a fallu nourrir des millions de gens après la guerre, se remettre au travail, avoir une agriculture intensive. Mais c’était une étape. On va vers un mix énergétique et agricole qui nous permet de mettre en place la transition écologique.

Qu’est ce qu’un bâtiment à énergie positive ? C’est à dire qui crée de l’énergie . Cela se fait en 3 étapes. D’abord lui assurer une super isolation avec des isolants naturels intérieurs et extérieurs qui lui permettent si il y a 35 degrés dehors de garder une température de 25 degrés à l’intérieur. Dans la 2eme étape il faut intégrer les systèmes passifs comme par exemple la géothermie. On sait que l’inertie du sol sous un bâtiment est à 18 degrés toute l’année. Donc l’air chaud on le fait passer sous les fondations avant de le ré insuffler dans les appartements ainsi plus besoin ou presque plus de climatisation mécanique. La 3eme étape c’est l’intégration des énergies renouvelables qui permet à un bâtiment de produire plus d’énergie qu’il n’en consomme et de redistribuer cette plus-value énergétique aux batiments historiques.

Pour finir créer un sol qui produit de l’énergie grâce à nos pas ? projet de l’EPFL à Lausanne. On sait que si l’on recouvre la gare de dalles piezoelectriques à sustentation magnétique on peut produire 200% d’énergie dont la gare du Nord a besoin grâce aux 1 million et demi de pieds des voyageurs qi foulent la gare chaque jour.

Laisser un commentaire